mercredi 24 septembre 2014

L'interdit [Yoann]

            Prologue


« On l’a fait avec Georges avant de venir, et uniquement parce que le Quota l’exigeait. Bon, aussi parce qu’on s’est fait sanctionner à la période précédente parce qu’on ne l’avait pas fait assez. On est sur le radar du Ministère, du coup faut donner bonne impression. Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas du tout. Ça a été super rapide et chiant au possible, j’ai absolument rien ressenti. Aucune sensation, rien de chez rien. La meilleure baise de toute ma vie. »

L’an 2534, sur Terre.

La planète bleue n’est plus qu’un vague souvenir d’images d’archives poussiéreuses ou de peintures d’artistes rétro. Acier, béton et pollution, tel est le nouveau visage de la planète. D’immenses mégalopoles recouvrent plus de 90% de la surface, le reste étant dédié aux immenses glaciers artificiels des pôles, servant à l’approvisionnement en eau des populations.

Les montagnes, vallées et plateaux ont disparu, remplacés par d’immenses forêts de gratte-ciels, de flèches d’habitations et de cheminées d’usines. Cette nouvelle Terre scintille de l’éclat du métal la journée et est éclairée de mille et une lumières artificielles la nuit. L’Homme est devenu une entité ne dormant jamais vraiment, le calme, le silence et le repos devenant des concepts très relatifs dans cette réalité.

L’origine de ce désastre écologique prend racine au cours des XXème et XXIème siècles, lorsque les mœurs de la société ont commencé à se libérer. Quel rapport entre le deux me direz-vous ? La réponse se trouve dans ces quatre mots : sexe, drogues, alcools, médicaments. Toujours plus, toujours plus fort, toujours plus loin.

Anarchie. Voilà ce qu’était devenue l’Humanité moderne, des milliards de personnes trop gangrenées par la maladie, trop stone ou en manque pour s’inquiéter de choses aussi triviales que la nourriture, l’écologie ou la santé. L’Homme de cette époque était accro à tout ce qui pouvait modifier ou faire plaisir à son corps, tout ce qui le ravageait en fait. Mais le pire des vices de cette époque était le sexe. Coucher tout le temps, avec tout le monde et sous l’influence de toutes les substances existantes, voilà ce qui était la priorité numéro un en ce temps. Favorisant ainsi la transmission des maladies.

SIDA, SIDC (Syndrome d’ImmunoDéficience Contagieuse), Rift Tueur, Néo-Ebola, Rage Z, Cancers Sauteurs… sans compter les innombrables souches bactériennes devenues résistantes aux antibiotiques. Autant de pandémies ayant ravagé l’Humanité, détruit l’économie et fait s’effondrer les gouvernements. Une Apocalypse en approche, tout sauf glorieuse.

Jusqu’à ce que les Adeptes de la Pensée Pure de Dieu sortent de l’ombre. Parias depuis plusieurs décennies, prônant une vie ascétique, dépourvue de tentations, de péchés, de vices, ils se nommaient eux-mêmes la Haute Humanité. Ils valorisaient le travail, la famille et l’évolution vers un monde meilleur. Peu à peu, alors que la Grande Anarchie s’étendait à toute la planète, leurs rangs avaient grossi et ils avaient patienté. Patienté jusqu’à ce que l’Homo Sapiens Sapiens soit prêt à être renversé de sa position dominante.
Ils étaient alors sortis de leurs retraites et cueillirent sans effort cette Terre agonisante et rongée de tout part, balayant les pitoyables défenses érigées par l’Homo Drogus, réduisant en esclavage ceux qui étaient autrefois leurs frères de race. Ils éliminèrent les faibles, les vieux, les inutiles et ceux trop ravagés pour être d’une quelconque utilité. Purification, certains appelèrent cela, optimisation de la production selon d’autres.

vendredi 22 août 2014

Le Petit Nocturne [Diane]

LE PETIT NOCTURNE

Si on parlait avec eux, on découvrirait sans doute que chez les chiens eux-mêmes il y a, sous leur forme canine, les déviances pathologiques du manque, de l’adoration, de la possessivité, voire de l’amour. Ce besoin. Cette maladie mentale. Est-ce que ça s’arrête un jour ?
Philip Roth, La Bête qui meurt


EXTRAITS DU GRAND LAMENTO PETIT NOCTURNE

            Faire l’amour (ou avoir un rapport sexuel) avec cet homme bleu était une expérience purement spirituelle, intégralement ressentie dans l’esprit et le corps, racontait-elle d’une voix tremblotante à son analyste. Son regard amer se posa sur le grand poster de Saturne accrochée sur le mur blanc. Cette photo était devenue célèbre pour avoir été la toute première image de Saturne prise depuis Titan. C’est dix milliard de fois la charge de plaisir que l’on peut prendre avec un homme de la Terre, même le plus sensuel ou le plus performant ajouta Adèle, d’une voix monotone. Elle soupira à cet instant en entrecroisant ses doigts, les mains jointes, comme pour signifier sa frustration, de ne pas avoir de mots justes pour expliquer avec exactitude, ce qu’elle ressentait véritablement. Lorsqu’elle était avec lui, l’homme bleu, son amant. Devant le miroir de sa salle de bains, elle pleurait régulièrement le visage rougit par la honte et son sexe dévoré par le désir d’être rempli à nouveau par son énergie extraterrestre si intense, comme une vague de glace qui procurerait un bien-être indescriptible.
            Judith ouvrit les yeux, se réveillant d’un sommeil peu efficace, sortie d’un rêve à la narration pauvre (elle faisait des courses dans un supermarché dans lequel des hordes de chiens déféquaient et copulaient dans tous les sens sans que personne ne s’en offusque. Le rêve finissait alors que des gens commençaient à paniquer parce qu’il n’y avait pas de sortie, tandis que le sol était jonché de saletés diverses qu’ils ignoraient complètement). Elle se gratta derrière l’oreille, nue dans son lit, s’étira comme un chat, et regarda l’heure. Son jeu habituel démarra : « il faut que je me lève. Lève-toi. Allez. Tu peux y arriver. Tu vas y arriver. Tu y arrives déjà. Tu y es déjà arrivée. C’est comme ça qu’on fait. Regarde.» De la main droite elle commençait à se doigter sérieusement, de la gauche, pris son portable sur sa table de chevet pour regarder ses nouveaux messages reçus pendant la nuit. La figurine d’un petit alien en plastique vert aux multiples yeux exorbités, posée sur sa commode Ikea attira son attention, et elle arrêta immédiatement de se masturber. C’était son petit frère qui l’avait oublié à sa dernière visite. Un élan irrépressible l’obligea à se lever, malgré elle. Elle eut l’impression de lever une masse de plusieurs tonnes, alors que ses côtes étaient saillantes, vue le poids conséquent qu’elle avait perdu en quelques semaines.
            Les êtres bleus venus de Sirius ne s’attachaient pas aux humains, comme leurs partenaires humains s’attachaient toujours à eux, surtout après une expérience sexuelle complète. Il n’y a jamais pénétration avec cet être bleu, dit Adèle à une amie curieuse un jour, et pourtant c’est comme si j’étais pénétrée… par plusieurs hommes à la fois. Entièrement, entièrement, et plus fort. Sans douleurs. Elle insista véritablement sur ce mot, «entièrement », le répétant d’une manière un peu obsessionnelle, en expliquant que c’était important que son amie comprenne. L’analyste lui avait conseillé de couper les ponts avec cet être qui était visiblement d’énergie masculine. Adèle lui avait répondu en souriant nerveusement, une flamme d’hystérie dans les yeux : « comment faites-vous rupture avec un individu qui peut se matérialiser à n’importe quel moment de la journée dans votre chambre, même simplement pour passer quelques minutes en coup de vent ? »
            Plus tard, elle regarda son calendrier sur son portable et y inscrivit la date de son prochain rendez-vous. Puis les années affichées dans le calendrier défilèrent : 2122, 2123, 2124, 2125, elle compta encore trois années, pour observer que cela faisait sept ans qu’elle était en analyse. Elle regarda au coin de la rue l’androïde policier aux yeux lumineux qui aidait les enfants à traverser, et retenait ses larmes tellement elle se sentait ridicule et avait envie d’arrêter, encore une fois, son analyse qui ne la menait nulle part depuis son divorce. C’était une sourde évidence.
            Des rumeurs circulaient, sur la volonté des extraterrestres de mélanger leur héritage génétique avec le nôtre. Ces rumeurs étaient parfaitement démenties par La Grande Sphère, source unique d’autorité politique pour les humains. La Grande Sphère précisait que l’évolution de l’Univers avait appelée à la rencontre entre espèces, issues de tous les coins de l’Espace-Temps sur notre Terre, qui avait bien des noms différents selon la race extraterrestre. Peu d’humains comprenaient le jargon utilisé par La Grande Sphère, souvent accusée de garder un contrôle mental abusif sur la population mondiale par quelques races extraterrestres pacifistes refusant, notamment, toutes interactions sexuelles avec les humains.   
            Il marchait dans le champ de blé. Il y avait à quelques mètres devant une voie ferrée. Elle marchait derrière lui en tenant un coquelicot. Le soleil se couchait, il n’y avait que le bruit d’un vent léger et chaud dans les feuillages des arbres, dans le blé, dans les hautes herbes. Quelques cigales, quelques criquets. Elle portait sa robe bleue avec de petites fleurs roses et blanches qu’il aimait tant. Elle avait une arme accrochée à la cuisse et attendait son moment, en se disant, que, cette fois encore, elle n’allait pas y arriver. Qu’elle aurait mieux fait de le baiser là à la place, comme elle avait si bien su en baiser des tas d’autres avant lui. Lui, si on ne lui mettait pas un doigt dans l’anus avant, il ne bandait plus. Sa jeunesse perdue.
            L’arrivée des extraterrestres de tous les points de l’univers changea socialement, avec radicalité, la sexualité des êtres humains, y compris dans leurs rapports entre eux. Les Lyriens ou encore ceux de Vega, les grands blonds, étaient les plus attirants du point de vue des hommes et des femmes de la Terre, parce qu’ils ressemblaient à de grands êtres humains magnifiés, parfaits. Ils avouèrent d’ailleurs s’être fait passer pour des anges, ou des mages, dans les temps antiques de l’humanité. Tous les extraterrestres n’acceptaient pas toujours les propositions sexuelles qui leur étaient faites. Mais certains en étaient les instigateurs. Ainsi, des rumeurs de partouzes dégénérées sont nées, en particulier dans la communauté qui fréquentait les êtres venus d’Orion et de la constellation du Cygne. Avant leur arrivée, la sexualité humaine ne se résumait plus qu’à une expression animale qui avait perdu de sa place centrale dans l’existence morale humaine. Après la grande tribulation décrite dans Le Grand Lamento des Sages Survivants, ce qui restait d’hommes et de femmes de la Terre s’était profondément désintéressé de toutes choses, en particulier de tout ce qui demandait l’effort d’un contact social, sentimental et/ou bien entendu physique. Les survivants, ceux qui n’avaient pas atteint un état de sagesse, avant l’arrivée des êtres venus de tous les points de l’Univers, attendaient « leur tour » comme un bon nombre d’entre d’eux le disait avec un cynisme mou et effacé. Avant l’arrivée des extraterrestres, il n’y avait plus rien à vivre comme si le temps s’était brusquement arrêté. Pour toi, pour moi. Pour nous tous.
            Judith descendit les marches en agitant sa jupe non repassée, elle en avait bien conscience. C’est là qu’elle le vit, encore. Ce type, à l’air slovaque. Qui devant la porte de sa voisine, Madame Fringus, une dame âgée, se branlait en grognant un peu. Il cacha son sexe en regardant Judith en coin, elle passa lentement derrière lui, le scrutant avec insistance, respirant son odeur de sueur prononcée, puis quelques étages plus bas, elle entendit à nouveau le bruit spécifique de la masturbation qui reprit, de la main qui agite le pénis, les doigts l’encerclant, ouvrant complètement le prépuce pour offrir le gland à l’extérieur, et tout cela très vite, avec quelques effets rauques de la voix d’un homme logiquement essoufflé, surtout quand il arrive au bout de cette course qui fera de lui un perdant complètement vidé, quoiqu’il arrive. Quoiqu’il puisse s’imaginer.
            Avoir une relation sexuelle avec un extraterrestre, donnait la sensation, enfin, d’appartenir à quelqu’un. Adèle n’avait plus ça avec un homme de son origine terrestre, et personne n’avait plus cela non plus avec une femme de la Terre, ni de lui appartenir, ni de l’avoir pour soi. Plus rien n’appartenait à plus personne.
            Ce qui était excitant pour certaines femmes et certains homosexuels, c’était la quantité de sperme produite par chaque éjaculation des Grands Blonds. On aurait pu remplir facilement la moitié d’une bouteille de coca avec. Même s’ils acceptaient rarement un rapport sexuel, spirituellement trop élevés pour la plupart d’entre eux, et donc, logiquement, peu concernés par les travers de la chair. Ce qui était également vrai, c’était que leur sperme ne pouvait, en aucune circonstance, être porteur de virus ou de maladies.

mardi 12 août 2014

La Chasse 2 [Maniak]

La pluie martelait le pavé et faisait briller l'asphalte sous les lampadaires. La masse sombre des immeubles se confondait avec le noir du ciel. Deux silhouettes se hâtaient dans les rues désertes. Au loin, le bruit d'un moteur grandissait. Les silhouettes se figèrent. Une voiture passa à toute vitesse dans une rue perpendiculaire avant de disparaître dans la nuit. Pendant un bref instant la lumière des phares éclaira le visage des deux hommes immobiles.
Le plus petit des deux cilla et regardait autour de lui avec anxiété. Il répondait au nom d'Éphialtès Trachis. Il était bossu et tentait de dissimuler sa tête sous une capuche. Il avait le visage de type méditerranéen. Quelques boucles mouillées tombaient sur son front. Sous d'épais sourcils noirs guettaient des yeux fuyants et enfoncés dans leurs orbites. Au milieu de sa face crevassée était planté un grand nez aquilin qui surplombait des lèvres épaisses et grossièrement tracées. Le visage se terminait avec un menton proéminent orné d'une barbiche pointue.
L'autre homme était un grand gaillard vêtu d'un treillis sombre et portant un sac à dos militaire lourdement chargé. Il avait les cheveux grisonnants et une barbe de trois jours assombrissait ses joues et son menton. Son visage anguleux était noirci au stick de camouflage et ses yeux bleu acier brillaient d'une lueur déterminée. Un regard de chasseur. A l'intérieur de sa veste, une étiquette portait le nom Jack C., un numéro de matricule et la devise « Who dares wins » des forces spéciales britanniques.
Éphialtès désigna une petite boutique aux vitres noircies où des néons roses formaient les mots « sex shop »
- Le sanctuaire se trouve derrière cette devanture. L'homme derrière le comptoir est un gardien immortel nommé Phaéton que vous ne pourrez pas vaincre. Mais il y a une trappe sur le toit qui permet d'entrer dans le sanctuaire sans passer par la boutique.
Jack jaugea l'immeuble où se trouvait le sex shop. Puis il regarda le bossu.
- Très bien, tu as bien mérité ta récompense Éphialtès.

Une partie de jambe en l'air [Kamo]

Tu es allongée sur le lit, nue, je vais me faire un thé. Il fait nuit, je suis à poil aussi. En mettant l'eau à chauffer, on discute, un quart d'heure plus tôt, on baisait. Je te dis qu'à un moment j'ai tourné la tête et par la fenêtre, en face, j'ai vu quelqu'un qui nous matait. En fait cette fille se touchait en nous regardant. J'avoue que ça me déplaît pas qu'on l'ait excitée. Je suis toujours à la fenêtre, je te regarde, allongée, alanguie même, sur le lit. T'es belle. Je commence à rebander. Je prends une chaise, je vais m'asseoir en face de toi, tu ne bouges pas. Et on continue à parler...
Tu te rappelles ce qu'on disait hier soir, sur toi qui te baladerais sans rien sous ta jupe ? Moi oui. Je nous imagine rentrant d'aller boire un coup, tu aurais viré ta culotte dans les toilettes du bar juste avant. On serait rentrés à pieds, par des rues tout à fait désertes. Parfois, je t'aurais poussée sous une porte cochère, pour te toucher, mes mains caressant tes jambes. La première fois, je t'aurais caressé juste les cuisses avant qu'on reparte. En t'embrassant, nos langues mêlées... Ensuite, sous un autre porche, mes doigts seraient un peu remontés, le long de tes fesses, pendant que tu avais pris ma bite déjà dure dans ta main. Je t'aurais sentie commencer à mouiller. La troisième fois, je me serais mis à genoux pour te lécher, doucement. Je t'aurais sentie tressaillir sous mes coups de langue. La quatrième, c'est toi qui te serais mise à genoux, avec une telle envie de me sentir dans ta bouche... Tu m'aurais sucé, longuement, avec appétit, et je serais venu là, sous une porte cochère, dans ta bouche, alors que tu aurais mouillé jusqu'à mi-cuisse.
Te raconter ça m'a donné une gaule énorme, probablement même que j'ai le sexe dans la main. De ton côté, tu t'es caressée pendant ce temps. J'ai vu ta main droite aller et venir sur ta chatte pendant que ta main gauche te tripote les seins. Je suis toujours sur ma chaise, je bande comme un fou, j'ai envie de toi, mais je bouge pas. Et quand tu fais mine de te lever, je te dis "Non..." dans un souffle, je peine à le dire. Alors tu te rallonges et continue à te toucher. Tu me dis que tu as hâte que je te lèche la chatte. Tu sais que je suis à moitié fou de désir, que c'est un effort dingue de rester assis et tu continues. Ma main va et vient doucement, les tiennes continuent ce qu'elles faisaient... Tu m'expliques que je vais te lécher, que tu as envie de sentir ma langue te fouiller. Tu dis "Je mouille...", tu dis que je pourrais te prendre, là, comme ça. Je reste sur ma chaise, j'en ai presque mal tellement je bande, mais c'est bon, aussi. Tu me dis aussi qu'après t'avoir léchée, tu vas me sucer, prendre ma bite en entier dans ta bouche, tu me parles de ces lents aller-retours que tu feras. Tu te mets même à quatre pattes, les fesses vers moi, je vois tes doigts qui rentrent dans ta chatte, je tiens plus, je me lève, je te pénètre, d'un coup.
Et je ressors lentement. Je reviens au fond et j'y reste. Tu te redresses en te cambrant. Tu lèves les mains, je les prends dans les miennes, je vais et je viens, mais c'est trop, je sens que je pourrais venir. Je tourne la tête et je revois la voisine d'en face. Tout à l'heure, elle était en culotte et T-shirt, cette fois-ci, elle a déplacé un fauteuil devant sa fenêtre et elle est nue. Elle se touche, jambes écartées, elle veut qu'on la voie aussi. Mais je préfère me retirer. Je t'allonge sur le dos, ta langue dans ma bouche, ma queue contre toi, puis je t'embrasse le cou, je descend vers tes seins, je mordille et je lèche tes tétons,je joue à les prendre dans ma bouche, je m'étends à côté de toi. Je lèche ton ventre, ma main te caresse les cuisses, puis mes doigts s'insinuent en toi. Ta main descend m'aider, mes doigts vont et viennent pendant que tu te donnes aussi du plaisir tout en me branlant lentement. Alors tu n'en peux plus, tu montes sur moi.
C'est maintenant que je te dis, pour la voisine, elle a l'air de bien s'amuser. Mais je préfère te mater, toi : Tu es bien droite, j'ai une main sur chacune de tes fesses, mes doigts se touchent dans ta raie. J'écarte ton cul, tu ne bouges plus, me laissant le soin d'aller et venir lentement. Tu lèves les bras, tu es magnifique. Tu gémis en rythme avec chaque coup de queue, puis tu te relèves, recules, me dit d'approcher, j'arrive, sur les genoux, tu as fait en sorte que la voisine ne perde rien de ce moment où tu me prends en bouche. Comme tu me l'avais dit, tu m'avales entièrement et tu me suces lentement. Tu me sors de ta bouche, aussi, par moments. Je sens ta langue, légère, partir de sous mes couilles pour remonter et finir par m'emboucher encore. J'ai envie de te toucher pendant que tu continues, alors je me déplace pour que la voisine puisse voir ta bouche comme mes mains. Je sens que tu es trempée.
Mais ça ne dure pas, tu m'écartes, te lèves, vas vers la fenêtre, je te suis. Tu as les mains sur le chambranle et tu te tiens juste assez éloignée de l'ouverture pour qu'on ne nous voie pas de la rue mais qu'en face elle ne perde rien du spectacle. Tu as les bras ouverts, les jambes ouvertes, je suis derrière toi. Tu gémis quand je rentre, et mes va-et-viens sont presque brutaux, j'accélère, tu cries. J'accélère de plus en plus, mais tu m'arrêtes, tu n'as pas envie de finir là. La voisine se tortille sur son fauteuil. Et s'arrête. Pour elle, c'est bon, elle rentre.
Mais nous, on n'en a pas fini. Tu te tournes, me pousses contre le mur, puis tu me repousses pour TE mettre contre le mur. Tu m'appuies sur la tête. Je m'agenouille, pose mes mains sur tes fesses, t'attire à moi. Tu es adossée contre le mur, tes jambes écartées et avancées, tes fesses décollées de celui-ci. Tu sens ma langue sur ton clitoris, puis elle descend, entre en toi, reviens lentement. Nom de dieu comme tu mouilles, j'en ai plein le visage. Tu ondules sous mes coup de langues, ta main se crispe sur ma tête, je suis à un cheveu de venir, sans même me toucher, juste à te sentir prendre du plaisir. Alors je me relève, te soulève, une jambe dans chaque main et te fais descendre sur ma bite. Tu avais les bras autour de moi, tu griffes mon dos.
Je te ramène sur le lit, Et on est là, tu es sous moi, je suis serré par tes bras et tes jambes. Je me libère, me redresse. Tu refermes tes jambes devant moi, toujours pénétrée. J'appuie un peu dessus pour entrer plus profond. Je me soulève un peu, profite de mon poids pour aller et venir à grandes saccades. Tu rouvres les jambes, me réattires à toi. Je passe mes bras sous les tiens, agrippe tes épaules pour plus de force, tu cries de plus belle, mais c'était pas ton idée, alors tu fais en sorte de me retourner. Tu es sur moi, tu poses tes pieds à plat de chaque côté de moi, qui suis allongé. Tu te lèves, je sors presque. Tu restes comme ça deux ou trois secondes, je gémissais déjà depuis le début, mais là, ça devient presque des grognements. Et tu redescends. Tu accélère le mouvement, je viens en criant. Et tu viens aussi en me sentant décharger en toi. Et tu t'affales sur moi.

Épilogue 

Le lendemain, on sort... Et on croise la fille d'en face avec un gros sac à dos. Elle est très ordinaire, a l'air sympa quand même. Elle dit : "Merci pour hier soir, c'était ma dernière nuit ici, je repars chez moi, c'était un échange d'appart pour les vacances." "Ça nous a fait plaisir aussi." Et voilà, personne n'a demandé le nom de l'autre, on se reverra jamais.

lundi 11 août 2014

Denis Noodle et le sexe [Southeast Jones]

I


- Je ne doute pas que votre addiction soit un handicap dans votre vie de tous les jours, mais en admettant que cela soit possible, la solution que vous proposez ne risque-t-elle pas d’aggraver les choses ?  

- Vous êtes l’un des chirurgiens les plus compétents qui soient, l’un des plus chers aussi, vous vous targuez de pouvoir réussir n’importe quelle opération, ne vous préoccupez pas des conséquences, j’ai déjà songé à ma reconversion. Je n’ai qu’une question à vous poser : pouvez-vous le faire ?
- Il me faudra du temps pour trouver le matériel compatible, je devrais faire des simulations, mais la redirection des stimuli aux bonnes terminaisons nerveuses ne devrait pas poser de problème majeur. Je m’inquiète plutôt pour l’impact psychologique qu’auront sur vous ces changements pour le moins peu orthodoxes. Dans un certain sens, on peut parler de transhumanisme, vous…
- Oui ou non ?
- Bien sûr que oui.
- Combien de temps ? 
- Donnez-moi six mois, je vous recontacterai.


***


          Denis Noodle serra la main du docteur et un large sourire aux lèvres, décida de se promener un peu avant de rentrer au Noodle Building. Chemin faisant, il agressa une petite vieille, la viola par devant, par derrière et à peine assouvi se jeta littéralement sur un passant qui n’en demandait pas tant, le cher homme refoulait son homosexualité depuis plus de trente ans. Il leur laissa sa carte, ainsi que le numéro de téléphone de son avocat, les assurant que quelle que soit la somme réclamée en compensation, elle leur serait versée sans discussions.
         La police fut appelée à la rescousse par des badauds, mais ils savaient déjà à qui ils avaient à faire, qui d’autre que Denis Noodle serait assez fou pour violer quelqu’un au beau milieu de la rue ? Bien sûr, ils prirent leur temps, Monsieur Noodle avait une sainte horreur d’être interrompu dans ses ébats. L’un des agents arborait un splendide coquard, un autre se massait une épaule visiblement luxée. La bagarre au commissariat avait été rude, on comptait une demi-douzaine de blessés dont certains seraient en incapacité de travail pour plusieurs mois. Les apparitions de Noodle occasionnaient toujours de graves échauffourées, dans ses bons jours, le cher homme savait se montrer très généreux.  Les heureux vainqueurs se frottaient mentalement les mains, imaginant déjà le chèque à quatre zéros qu’ils ramèneraient ce soir à la maison.. Comme il se doit, un délégué syndical les accompagnait. Ce serait lui qui aurait les deux plus gros chèques, le premier à son nom et l’autre pour les orphelins de la police.
          En bon et honnête citoyen, cigarette au bec, Noodle les attendait calmement appuyé contre  le capot de sa berline. Il signa les chèques avec le sourire, plaisanta un peu avec le délégué syndical puis monta dans sa voiture, ce petit exercice lui avait donné faim.
Il dîna sobrement d’une salade César et d’une bouteille de Chardonnay californien. Il ne put s’empêcher de peloter la serveuse et se sentant de nouveau très excité, lui proposa un pourboire de cinq mille dollars pour qu’elle accepte de se coucher sur la table. Il fut très étonné, presque choqué, de la voir refuser, mais une dame obèse assise à une autre table lui proposa une fellation pour la moitié de la somme. Haussant les épaules, Noodle tomba le pantalon et introduisit son membre, qu’il avait énorme, dans la bouche gourmande de l’heureuse élue. Pendant qu’elle s’affairait, il but un excellent cognac et alluma un somptueux et coûteux Montecristo. Comme il éjaculait, il réussit un splendide rond de fumée.
Denis Noodle était un homme d’une exquise politesse, il la remercia et rédigea le chèque promis en lui offrant son plus beau sourire.
          Alors qu’il rentrait, son dogue allemand vint lui faire la fête, il n’en fallut pas plus pour réveiller sa flamme. Une fois de plus, Noodle regretta de ne pas avoir choisi une femelle, il allait certainement encore se faire très mal, mais comment résister à ces fesses poilues et rebondies ? Peut-être qu’en utilisant de la vaseline ?
Il était près de dix-sept heures, il téléphona à son agence d’escorts habituelle et demanda qu’on lui envoie une dizaine de filles. La nuit fut belle, agitée et courte. Il s’était déjà masturbé trois fois lorsque son majordome lui apporta son petit déjeuner à sept heures.
Ainsi était la vie de Denis Noodle, sex addict et perpétuellement insatisfait.


II


       
         L’opération dura dix-huit heures, pour l’occasion le docteur Turnbull avait réuni sept chirurgiens, la crème de leur profession. Il avait peiné pour les convaincre d’accepter, on l’avait traité de fou, de nazi, quelques uns en avaient même appelé au Conseil de l’Ordre, en vain. Denis Noodle donnait sans compter pour la recherche médicale.
L’opération fut une parfaite réussite, mais le résultat était étonnant.
Noodle avait demandé à être placé en coma artificiel, tant pour éviter les douleurs post-opératoires que pour se réveiller parfaitement fonctionnel. Turnbull attendait ce jour avec impatience, il était curieux de voir la réaction de son patient.
         Le grand jour était arrivé, une meute de journalistes se trouvait devant la vitre d’une chambre de réveil spécialement aménagée pour l’occasion. Turnbull buvait du petit lait.
- C’est une première mondiale, Docteur, pouvez-vous nous expliquer en quoi elle a consisté et ce qui vous a poussé à accepté de faire cette opération ?
- Le patient ressentais une immense souffrance psychologique, imaginez que son extraordinaire constitution lui permettait d’être continuellement en érection ; il était capable d’avoir plus de trente relations sexuelles par jour sans éprouver plus de satisfaction que vous n’en n’auriez à sauter bobonne chaque jour de la même façon depuis vingt ou trente ans. C’était un violeur, courtois et honnête, je vous le concède, mais un violeur quand même. Ses victimes se comptent par centaines. Il est heureux pour lui qu’il compte encore plus d’amis chez les hommes les plus influents de ce monde. Bref, l’opération a consisté à lui greffer des pénis aux endroits qu’il m’avait indiqués. Il en a un à chaque doigt, un au dessus du coccyx, un autre sur le front, c’est celui dont je suis le plus fier. Tous sont reliés à l’hypothalamus latéral, j’ai du créer de nouvelles terminaisons nerveuses et les agencer de façon à ce que les orgasmes soient synchronisés. Il n’y aura bien sûr pas d’émissions séminales, je ne vois pas comment j’aurais pu en plus lui greffer des testicules.
A bien y réfléchir, peut-être que…
Il prit rapidement quelques notes avant de poursuivre.
- Cette opération a fait de lui un autre homme, j’en sais un peu plus aujourd’hui sur sa reconversion. Il a acheté la plupart des maisons de production pornographique de cet état, il sera à la fois producteur, scénariste et acteur, en fait, le seul de sa nouvelle maison, excepté les seconds rôles recrutés pour les films gays. 
- Il est toujours dans le coma ? demanda une jeune femme.
- Non, il est en phase de réveil, regardez, il vient de changer de position. Ses paupières bougent, je pense qu’il rêve. N’est-il pas magnifique ? Voyez comme il a l’air heureux, on dirait un enfant, il suce son pouce.


          


Climax [Nosfé]

Elle bascula de son côté du lit, releva les draps rêches sur sa peau nue et froide. Engluée dans la transpiration de cet homme sans visage qui pouvait être son mari ou n'importe quel autre amant, elle se sentait sale et puante. Lui s'était évaporé dans la lumière aveuglante de la salle d'eau, et revenait maintenant, lourd et soufflant comme un pachyderme, pour s'allonger dans ces draps moites, de son côté, et, sans un mot pour elle, bientôt sombrer dans un sommeil épais.
Immobile, écoutant le crissement métronomique de sa propre respiration, elle ne dormait pas. Le gémissement animal de l'homme, tout à l'heure, lui avait fait l'effet d'une libération. Ce cri avait soulagé son corps d'une épreuve, son esprit d'une honte intime. Le pistonnage avait cessé, et ensuite, la carcasse s'était écroulée, dégonflée comme une baudruche remplie d'os, et la sensation gluante en elle de s'évanouir en même temps.
Les yeux écarquillée, elle observait les abysses d'obscurité de cette chambre aveugle. Une douleur, comme une faim infinie, naquit dans son bas-ventre qui n'avait jusque là rien ressentit. Elle frissonna. Elle n'avait pas pris le moindre plaisir, pas vu éclore en elle la moindre étincelle d'excitation. Elle était resté d'une sécheresse mortuaire, frigide et réfractaire.
Cette nuit, le sommeil ne vint pas la prendre.
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Les Pornographiens [Herr Mad Doktor]

Dès qu’il vit débarquer les trois lolitas dans sa boutique, l’épicier sentit qu’il allait au-devant de problèmes. L’une portait un micro-short bleu bébé, l’autre une mini-jupe rose bonbon, la dernière un jean troué d’où dépassait la ficelle d’un string vert ; toutes étaient maquillées comme des boules disco ; aucune n’avait jugé utile d’enfiler un soutien-gorge.
Par-devers lui, le commerçant nomma ses clientes “Mesdemoiselles Bleu, Rose & Vert”. Il leur donnait une vingtaine d’années, mais il se doutait que leur accoutrement égarait son jugement.  
Roulant des yeux autant que des fesses, le trio papillonna un long moment dans le magasin sans but apparent, prenant des articles au hasard et les examinant avec désinvolture, avant de les reposer deux étagères plus loin. Seul le rayon “soins du corps” retint durablement leur attention ; en particulier les préservatifs et les gels intimes, qu’elles se passèrent de main en main d’un air expert.
Soudain les gestes se firent vifs. L’épicier n’entendait pas la conversation, mais il comprit que Vert avait mis Rose au défi de faire quelque chose. Une bêtise à n’en pas douter. La réponse ne tarda pas : aidée par une courte échelle de Bleu, Rose attrapa un objet sur la plus haute étagère du rayon (pas l’ombre d’une culotte sous la mini-jupe...), puis sauta à terre en brandissant son trophée : un godemichet pourpre de taille XXL, se balançant mollement sur son socle, comme une quenelle de gélatine. Le marchand identifia le modèle “Cthulhu”, une pièce rare et chère moulée à même l’organe d’une star du cinéma, très prisée des connaisseurs.   
Vert reconnut sa défaite d’un haussement d’épaules, mais Rose refusa d’en rester là : le gode plaqué sur son front, elle fit mine de charger la vaincue. “La liporne va exercer sa vengeaaaaance ! cria-t-elle. Mort à la cellulite !” Vert lui tendit sa croupe de bonne guerre (à travers les trous du jean, le commerçant eut bien du mal à distinguer la moindre trace de cellulite) et se laissa culbuter à plusieurs reprises, ponctuant chaque impact d’un pet aigu, tandis que Bleu, hilare, battait des mains.
Suant sur son séant, l’épicier s’efforçait de se concentrer sur sa comptabilité, mais son regard déviait sans cesse vers la parodie de corrida...
Des hurlements retentirent. D’un coup de dents agile, Vert venait d’arracher le gode du front de Rose, sur le dos de laquelle avait grimpé une Bleu d’humeur bagarreuse. La cavalière et sa monture écornée plongèrent illico sur la voleuse, et les trois nymphettes roulèrent à terre en gloussant. A quatre pattes, elles se disputèrent le sextoy comme des chiennes un bout de viande, qui griffant, qui pinçant, qui mordant, sans cesser de japper et de rire bêtement. Dans la bataille, le jean de Vert fut déchiré de part en part, aussi décida-t-elle de s’en délester ; à bien y regarder, son string était plus jaune pâle que véritablement vert, mais l’épicier ne corrigea pas le surnom de la demoiselle pour si peu. Vert lui allait si bien au teint...
Bien que le pugilat mît un désordre monstre dans ses rayons si soigneusement agencés, le pauvre homme n’osa pas intervenir, tétanisé qu’il était derrière son comptoir. Ces dernières années, la délinquance avait pris des proportions inquiétantes dans le quartier… Nombre de ses collègues en avaient fait les frais et en conservaient un profond traumatisme. Certains avaient même définitivement fermé boutique, impuissants.