Prologue
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« On l’a fait avec Georges avant de venir, et uniquement parce que le Quota l’exigeait. Bon, aussi parce qu’on s’est fait sanctionner à la période précédente parce qu’on ne l’avait pas fait assez. On est sur le radar du Ministère, du coup faut donner bonne impression. Quoi qu’il en soit, je ne regrette pas du tout. Ça a été super rapide et chiant au possible, j’ai absolument rien ressenti. Aucune sensation, rien de chez rien. La meilleure baise de toute ma vie. »
L’an 2534, sur Terre.
La planète bleue n’est plus qu’un
vague souvenir d’images d’archives poussiéreuses ou de peintures d’artistes
rétro. Acier, béton et pollution, tel est le nouveau visage de la planète.
D’immenses mégalopoles recouvrent plus de 90% de la surface, le reste étant
dédié aux immenses glaciers artificiels des pôles, servant à
l’approvisionnement en eau des populations.
Les montagnes, vallées et
plateaux ont disparu, remplacés par d’immenses forêts de gratte-ciels, de
flèches d’habitations et de cheminées d’usines. Cette nouvelle Terre scintille
de l’éclat du métal la journée et est éclairée de mille et une lumières
artificielles la nuit. L’Homme est devenu une entité ne dormant jamais
vraiment, le calme, le silence et le repos devenant des concepts très relatifs
dans cette réalité.
L’origine de ce désastre
écologique prend racine au cours des XXème et XXIème
siècles, lorsque les mœurs de la société ont commencé à se libérer. Quel
rapport entre le deux me direz-vous ? La réponse se trouve dans ces quatre
mots : sexe, drogues, alcools, médicaments.
Toujours plus, toujours plus fort, toujours plus loin.
Anarchie. Voilà ce qu’était
devenue l’Humanité moderne, des milliards de personnes trop gangrenées par la
maladie, trop stone ou en manque pour s’inquiéter de choses aussi triviales que
la nourriture, l’écologie ou la santé. L’Homme de cette époque était accro à
tout ce qui pouvait modifier ou faire plaisir à son corps, tout ce qui le
ravageait en fait. Mais le pire des vices de cette époque était le sexe. Coucher tout le temps, avec tout
le monde et sous l’influence de toutes les substances existantes, voilà ce qui
était la priorité numéro un en ce temps. Favorisant ainsi la transmission des
maladies.
SIDA, SIDC (Syndrome
d’ImmunoDéficience Contagieuse), Rift Tueur, Néo-Ebola, Rage Z, Cancers
Sauteurs… sans compter les innombrables souches bactériennes devenues
résistantes aux antibiotiques. Autant de pandémies ayant ravagé l’Humanité,
détruit l’économie et fait s’effondrer les gouvernements. Une Apocalypse en approche,
tout sauf glorieuse.
Jusqu’à ce que les Adeptes de la Pensée Pure de Dieu
sortent de l’ombre. Parias depuis plusieurs décennies, prônant une vie
ascétique, dépourvue de tentations, de péchés, de vices, ils se nommaient
eux-mêmes la Haute Humanité. Ils
valorisaient le travail, la famille et l’évolution vers un monde meilleur. Peu
à peu, alors que la Grande Anarchie s’étendait à toute la planète, leurs rangs
avaient grossi et ils avaient patienté. Patienté jusqu’à ce que l’Homo Sapiens Sapiens soit prêt à être
renversé de sa position dominante.
Ils étaient alors sortis de leurs
retraites et cueillirent sans effort cette Terre agonisante et rongée de tout
part, balayant les pitoyables défenses érigées par l’Homo Drogus, réduisant en esclavage ceux qui étaient autrefois
leurs frères de race. Ils éliminèrent les faibles, les vieux, les inutiles et
ceux trop ravagés pour être d’une quelconque utilité. Purification, certains appelèrent cela, optimisation de la production selon d’autres.