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vendredi 3 février 2012

Le Jour et la Nuit [Corvis]


SÉQUENCE 1 : EXTERIEUR (RUES DE LA VILLE)/CRÉPUSCULE

Une ville vide, endormie.
Un chat passe.
Progressivement, l’aube point, le ciel s’éclaircit, les rues de la ville se distinguent de mieux en mieux. Un peu partout dans la ville, des personnes déambulent. Elles ont l’air perdues, ou ivres. Plus le soleil se lève, plus on voit de personnes errer dans les rues, dans une semi-pénombre ou en contre-jour.
X est assis sur un banc, le soleil levant dessinant les contours de sa silhouette. Il se redresse légèrement, passe devant le soleil, effaçant le contre-jour. C’est un zombie. Ses mouvements ne sont ni réfléchis, ni précis, seulement spontanés et maladroits. Il a presque la démarche et les réactions d’un enfant. Il semble simplement mû par son instinct, ne conservant qu’une lueur d’humanité dans son regard. X se lève gauchement et commence à marcher en claudiquant, suivant mécaniquement une destination. Il déambule dans les rues de la ville, croise des voitures abandonnées, des poubelles renversées, des boutiques vides, et d’autres zombies errant comme lui sans but. Il finit par se retrouver devant une villa aux murs abimés et rongés par le lierre, la porte ouverte à moitié. Après avoir posé sur elle un regard vide et hébété, il entre mécaniquement.

vendredi 4 novembre 2011

Au cinquième jour [Corvis et Martin Lopez)


       Cinquième jour.
On était douze au départ, nous ne sommes plus que cinq. Les seules munitions qui nous restent serviront à nous suicider. Les barricades ne tiendront plus longtemps. J’essaie de regarder en arrière, de repenser à toute cette histoire depuis le départ, mais je n’y arrive vraiment pas. Et comme il n’y a plus de futur vers lequel se tourner… Ma tête est vide. Mon arme aussi. Mon cœur également, je ne ressens plus aucune émotion. Je n’ai plus peur, je n’ai plus de colère en moi. Je suis aussi vide que les créatures qui nous attendent dehors. Je veux juste que ça finisse.    

Sens Dessous [Dark Knight 59]

SENS DESSOUS
Ou le jour où Dieu dit : que les ténèbres soient.


Il est difficile de voir son propre reflet dans un écran d’ordinateur lorsque ce dernier est en veille et qu’il n’y a plus de lumière. Au bout d’un certain temps, les yeux s’habituent à l’obscurité, mais à plus de cent mètres en dessous du sol, les ténèbres restent si présentes que l’on préfère garder les yeux fermés, comme un petit enfant fuyant l’obscurité nocturne de sa chambre en se pelotonnant sous ses couvertures, bien à l’abri du dévoreur de pieds présent sous le lit chaque nuit. Cela permet de développer légèrement ses autres sens. Adonnez-vous à cet exercice. Pendant quelques instants, fermez les yeux et amusez-vous à sentir votre odorat et votre ouïe devenir plus sensibles au monde.