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mercredi 25 mars 2015

La route du travail et la route des vacances [Vinze]



Ça commence par quelques flocons épars. Rien qu’un coup d’essuie-glace de temps en temps ne puisse gérer. Puis le ciel devient encore plus sombre – ce qui ne paraissait pas possible avant –, la neige plus drue complique la tâche des balais sur le pare-brise et la visibilité s’amoindrit un peu plus, ralentissant un peu plus le trafic automobile sur la route du travail – ce qui ne paraissait pas possible avant.
La bouillie d’abord marronâtre sur le bord commence à blanchir et s’épaissir ; on n’y voit plus à cinq mètres et la voiture devant moi, à l’arrêt depuis plus d’une minute, ne semble pas vouloir repartir. Les quelques feux stop qui percent le brouillard sont tous immobiles. Les phares jaunes que j’entraperçois de l’autre côté du terre-plein ne bougent pas plus. Il n’est pas rare que la circulation s’arrête momentanément sur le périph’, mais le phénomène d’accordéon reprend toujours. Il tombe de la neige tous les trois ou quatre ans et à chaque fois c’est la même chose : quelques centimètres et c’est le blocage ; il va falloir s’armer de patience.

Ce spectacle blanc me rappelle ce conte… Il était une fois, dans le royaume boréal, une princesse. Au solstice d’hiver, après sept jours et sept nuits de neige, le château était pris dans les glaces. En ces latitudes, c’était le milieu de la grande nuit et il fallait attendre encore une semaine que le soleil vint percer l’horizon et caresser de ses rayons les pierres de l’édifice. En attendant que la déesse Printemps réchauffât le cœur de son frère-amant le dieu Hiver, la princesse était prisonnière de cette immense statue de glace qu’était devenue sa demeure.

mardi 11 novembre 2014

Bisous dans le cou et viol au couteau [Vinze]

Les deux adolescentes venaient de passer le seuil du vieux manoir. Le comte les observait depuis un coin obscur. Bien qu’il ait adopté ce pseudonyme, il n’appartenait à aucune lignée donnant droit à un tel titre de noblesse et n’était qu’un squatteur en cette demeure abandonnée. Il prit le temps d’observer ses futures victimes, elles n’étaient pas bien âgées, tout au plus une quinzaine d’années, et sentaient la vierge en quête de romance, ses victimes préférées. Le retour en grâce du mythe du vampire romantique était une véritable bénédiction pour lui. Fini les fans de Buffy se croyant de taille à chasser le vampire, presque fini les gothiques dépravés et leur maquillage à outrance qui lui donnait la nausée et qu’il fallait nettoyer avant de pouvoir consommer. C’était désormais un véritable âge d’or pour lui avec ces midinettes à la recherche du grand amour impossible qui se jetaient dans la gueule du loup, aveuglées par leurs fantasmes de romantisme pur et d’abstinence.
La première des adolescentes était une petite brune, légèrement enrobée ; selon les critères du comte elle était parfaite, contrairement à la seconde, une blonde plus élancée aux vêtements aguicheurs et qui, elle, était refaite. Il ne pouvait s’empêcher de penser que la chirurgie esthétique aussi jeune devrait être interdite, la qualité du produit était irrémédiablement contaminée. C’est pour cette raison qu’il commencerait par celle-ci pour la faim afin de garder le meilleur pour la fin.
Il était temps de passer au premier acte, les préliminaires : commencer à instiller une atmosphère angoissante, propre à faire monter le sentiment d’insécurité dans l’esprit de ces demoiselles au demeurant fort impressionnables. Il fit se refermer violemment les battants de la porte massive dans un terrible vacarme ; ce n’était pas très original mais l’effet était toujours aussi efficace, et il ne voyait pas de raison d’innover quand les grands classiques avaient fait leurs preuves.
Deuxième étape : diviser pour mieux régner. Il s’en tenait toujours aux fondamentaux. Il ne comprenait pas le goût des humains pour les challenges : lui n’avait de goût que pour le sang et la souffrance et ne ressentait pas le besoin d’innover ; il ne voyait pas l’intérêt de chercher la nouveauté quand la méthode fonctionnait. Pour séparer les demoiselles, il usa de son pouvoir psychique, distillant une légère confusion pour leur faire oublier leurs intentions de rester ensembles puis il ne restait plus qu’à suggérer à la première que son nom était appelé en haut de l’escalier tandis que la seconde ressentait le même appel dans la direction opposée.
S’il avait décidé de commencer par la blonde, il ne voulait pas priver la seconde du spectacle, c’est pourquoi il partit à sa rencontre en premier afin de la capturer. Il l’avait attirée dans la grande salle où il avait l’habitude de prendre ses repas. La salle était immense, vide de tout mobilier, avec un grand âtre. Il se glissa sournoisement derrière elle sans un bruit alors qu’elle explorait la pièce du regard à la recherche de cette voix qui l’avait appelée. Il murmura « derrière » à son oreille et au moment où elle tourna la tête il se déplaça en un éclair pour se retrouver de l’autre côté. Ne voyant rien derrière elle, elle se retourna à nouveau pour se trouver cette fois-ci nez à nez avec son hôte affichant un sourire morbide. Sous le coup de la surprise elle perdit complètement l’équilibre et se heurta violemment les fesses sur le sol en pierre.
De toute évidence, le comte ne correspondait pas à ce qu’elle s’attendait d’un vampire ; sa peau était grisâtre, il n’avait pas de cheveux ni de nez, ses dents étaient aussi sales que pointues et son visage était parsemé de rides profondes – plus proche de Max Schreck en Nosferatu que de Robert Pattinson. Transie de peur elle tenta de se relever pour fuir, mais il la saisit alors par la cheville pour la propulser violemment sur le mur le plus proche. Sous le choc, sa jambe droite se brisa, le tibia ressortant ensanglanté au milieu de celle-ci. La jeune fille ne sentit pas la douleur ; elle avait immédiatement perdu connaissance, mais le réveil serait douloureux.
Le comte pris le temps de cautériser la fracture ouverte afin de ne pas gâcher le sang s’écoulant de la blessure, non sans en avoir goûté quelques gouttes qui l’avaient mis en appétit. Il l’attacha ensuite au mur par les poignets avec des chaînes rouillées mais parfaitement solides, entièrement nue, les pieds balançant à quelques centimètres au-dessus du sol. Puis il alluma un feu dans le foyer de la cheminée afin qu’elle ne prenne pas froid. Il avait, dans ses jeunes années de vampire, fait l’erreur de conserver ainsi une victime trop longtemps dans le froid et elle était tombée malade ; les anticorps dans le sang lui avaient conféré un goût acide extrêmement désagréable et il avait été obligé à contrecœur de se débarrasser de ce produit périmé.
Maintenant que le copieux déjeuné du lendemain était prêt, il s’était mis en chasse de son repas du soir. Il commença par distiller la peur par petites touches : un courant d’air glacial, le claquement d’une porte, une ombre qui passe à la limite du champ de vision. Tout cela pour l’amener là où il voulait qu’elle arrivât. Quand la jeune femme vit son amie attachée au mur, reprenant à peine conscience, la terreur atteint son summum ; elle ne put s’empêcher de lâcher faiblement un « oh mon Dieu ! ». Son amie qui avait retrouvé partiellement ses esprits vit le vampire arriver dans son dos mais ne put la prévenir que trop tard.
Le comte la saisit par les poignets, l’entraînant dans une valse improvisée, la tenant si fort qu’elle ne sentait plus ses mains et se débattait en vain. Finalement il s’immobilisa, la tenant fermement contre lui et l’embrassa sur ses lèvres colorées d’un rouge à lèvre rose bonbon. Elle avait presque arrêté de se débattre lorsque d’un coup de dent il lui arracha une partie de sa lèvre inférieure. Il la relâcha alors après avoir pris le temps d’observer avec délectation son visage se transformer sous la douleur. Après avoir sucé le peu de sang qu’il contenait, il recracha le bout de chair sur le sol et dit avec un sourire lugubre : « Je le savais, une couleur plus sombre sur les lèvres vous met bien plus en valeur ».
La jeune fille à peine libre et prête à abandonner sans remord sa camarade s’était précipitée sur l’unique porte de la pièce qui demeura fermée malgré ses assauts hystériques. Alors qu’il s’apprêtait à retourner à l’attaque, il fut interrompu par la brune qui lui lança : « Vous êtes un véritable malade mental ». Amusé de la remarque, il délaissa un temps sa proie pour se retourner et répondre à celle-ci : « Désolé de vous contredire très chère, mais je ne suis absolument pas un malade mental même si cela vous déplaît. Un humain qui agirait comme moi pourrait à juste raison être taxé de maladie mentale car agissant contre nature. Pour ma part je suis en parfait accord avec ma nature et ne mérite nullement cette appellation. Les seuls malades mentaux parmi les vampires sont ceux qui vous font fantasmer et qui préfèrent boire du sang animal ou de synthèse par respect pour la vie humaine. Mais je doute que de telles créatures existent. » Puis, laissant sa détractrice sans voix, il s’en retourna à ses occupations qui continuaient de s’acharner sur la porte.
Il la saisit par un poignet pour la faire se retourner mais dans un élan de courage elle lui porta un coup de sa main libre, lui infligeant quatre profondes griffures. Il fut amusé de la voir désemparée en ne voyant pas la moindre goutte de sang couler de ces blessures. Elle tenta de porter une seconde attaque mais le comte était désormais sur ses gardes et il l’évita sans problème, rattrapant la main au vol d’un coup de mâchoire. Renforçant sa prise, il finit par lui arracher les quatre phalanges qu’il maintenait dans sa bouche tandis que de l’étreinte de sa main il brisait les os de son autre main en centaines de fragments.
Submergée de douleur et de haine, la jeune fille criait et pleurait toutes les larmes de son corps sans pour autant abandonner sa lutte et elle continuait de se débattre en lui donnant de violents coups de pied dans les tibias. Bien qu’il trouva ses tentatives de lutte plus amusantes qu’ennuyantes, il balaya ses jambes d’un mouvement ample du bras et la fit basculer pour heurter le sol dans un choc qui interrompit brièvement ses jérémiades. Il maintint ses jambes en appuyant ses genoux au-dessus de ceux de la jeune fille et saisit les chevilles de ses mains avant de tirer un coup sec qui brisa les deux genoux, lui arrachant un cri de douleur jubilatoire. Cependant, malgré ses deux mains estropiées, elle continuait à agiter les bras dans sa direction, comme s’ils pouvaient être du moindre secours contre son assaillant. Pour couper court à ce brassage de vent, le comte abattit le tranchant de ses mains sur les épaules de sa victime et ses bras retombèrent mollement sur le sol dans une position qui semblait bien plus appropriée.
Elle était désormais à peine consciente et n’était plus agitée que de soubresauts. Il profita de ce moment d’accalmie pour corriger le petit défaut qu’il lui avait trouvé au premier coup d’œil. Après lui avoir arraché son haut-de-corps, il entreprit d’inciser sa poitrine avec un ongle avant de plonger sa main pour en ressortir ce corps étranger de silicone ; il procéda de même avec le second sein avant de laisser les plaies se refermer sous l’effet de sa salive, finissant de lécher l’hémoglobine répandue avant qu’elle ne coagule.
Le comte n’oubliait pas que la jeune fille au sol était venue chercher l’amour et il s’apprêtait à lui en donner. Bien sûr il ne possédait pas de cœur pouvant alimenter un système vasculaire et était donc dans l’incapacité d’avoir la moindre érection. Mais sa libido était morte avec lui pour laisser place à un goût pour la souffrance, et pour cela il n’avait nul besoin de pénis, les chasseurs de vampires qui lui avaient rendu visite par le passé s’étaient chargés de lui amener tous les ustensiles nécessaires à une soirée romantique réussite.
Elle reprenait à peine conscience quand il revint avec un sac rempli de ses instruments de torture ; elle gémissait comme si elle n’avait même plus la force de pleurer. Le comte aurait donné cher pour savoir ce qu’il se passait dans sa tête, mais la perte de toute empathie faisait partie des contreparties de son immortalité. Pendant ce temps, la petite brune toujours suspendue continuait de hurler et de l’insulter, ce n’était pour lui que des mots doux qui accroissaient son excitation.
Pendant qu’il finissait de déshabiller sa victime en lui arrachant ses vêtements, il parcourait son corps avec un pieu de bois, infligeant régulièrement de petites incisions auxquelles il s’abreuvait goulûment. Quand il fit pénétrer le pieu dans son intimité, elle retrouva les forces de pousser un cri qui se mut rapidement en une longue complainte. Le vampire se retourna alors vers son autre captive et dit d’un ton amusé : « Je les fais toutes crier, et sans me vanter je sais qu’aucune n’a jamais simulé » avant de partir dans un rire sinistre alors que ses actes redoublaient de violence. Une fois que les possibilités offertes par le pieu furent épuisées, il l’échangea contre un couteau de chasse parfaitement aiguisé.
La torture s’était poursuivie plus d’une heure lorsque sa victime poussa son dernier soupir dans un râle si tenu qu’il était à la limite de l’audible : les festivités s’achevaient. Il se dépêcha de finir son repas en plantant ses crocs profondément dans la jugulaire. Il fallait boire le sang tant qu’il était encore frais, c’était une denrée si périssable et il ne voulait pas en rater une goutte. Il y avait un temps pour les réjouissances et un autre pour satisfaire son appétit ; le second était arrivé.
Sa captive avait arrêté de l’interpeller et se contentait de pleurer à chaudes larmes. Il remit du bois dans l’âtre de la cheminée, sa survie le préoccupait… pour l’instant. Finalement, il s’approcha avec un verre d’eau et la força à boire en estimant bon d’expliquer : « Tu ne voudrais pas mourir de déshydratation à pleurer ainsi. » Puis il lui souhaita une bonne nuit, passant tendrement sa main sur sa joue, récoltant ses larmes sur ses doigts. Il s’en alla ainsi, portant ceux-ci à l’orifice qui lui tenait lieu de nez ; l’odeur de peur contenue dans ces quelques gouttes avaient un effet enivrant pour lui. Il n’avait pas besoin de dormir pour sa part, contrairement à la jeune femme épuisée par tant d’émotions, mais il était repu et la vider à cet instant aurait été contre-productif ; elle lui servirait de déjeuner pour le lendemain.
Il revint dans la nuit alimenter le feu, la demoiselle avait fini par s’assoupir d’un sommeil agité. La danse des flammes projetait une lueur vacillante sur son visage qui avait quelque chose d’hypnotique. Il l’observa, immobile dans un coin de la pièce, attendant qu’elle se réveille. La lumière du matin pénétrait avec mal par l’unique ouverture calfeutrée quand elle reprit conscience. Ses pleurnicheries ne tardèrent pas à revenir alors qu’elle n’avait toujours pas remarqué sa présence, caché dans l’obscurité du fond de la pièce. Cette salle avait l’avantage de n’être que peu baignée par la lumière du jour, même lorsque la lucarne n’était pas encore obstruée ; le vampire ne savait pas si l’architecte ayant construit la demeure était incompétent ou si les propriétaires l’ayant fait bâtir partageaient son aversion pour le bronzage, mais il leur en était grès.
Quand il se rapprocha d’elle, sortant de l’obscurité totale, et qu’elle l’aperçut, ses larmes s’intensifièrent et elle le supplia « Pourquoi vous ne me tuez pas qu’on en finisse ? » Le comte qui avait fini par s’accoutumer au manque de patience des humains ne se formalisa pas de cette requête et répondit naturellement « Mais rien ne presse ma chère, chaque chose en son temps et au final nous serons tous les deux satisfaits. » et il s’approcha jusqu’à pouvoir plonger ses crocs dans le cou de la jeune fille. Alors qu’il puisait quelques gorgées pour se requinquer il pouvait sentir sur sa peau tendre la douce odeur de la terreur qui la parcourait et ressentit le courant électrique qui la faisait frissonner de ce qu’on appelait communément la « chaire de poule ».
Quand il la relâcha, elle trouva la force de se débattre, essayant vainement d’arracher ses chaînes, mais ne réussit qu’à se cisailler les poignets et fut rapidement abandonnée par ses forces, plongeant un peu plus dans le désespoir. Il la maintint en vie toute la journée, réussissant à la forcer à boire. Malheureusement, les humains ne se conservaient que peu de temps, préférant se laisser mourir ; il dut se résoudre à s’occuper d’elle de manière plus définitive le soir venu. Viendrait ensuite cette période de vache maigre de la semaine où les visites étaient rares, à attendre le prochain week-end que d’autres intrépides arrivent. Mais il aurait bien le temps de se soucier de ça le lendemain.
Il commença doucement par de petites entailles avec ses ongles à différents endroits de son corps, léchant le sang s’en écoulant ; les préliminaires étaient extrêmement importantes et il ne se lassait pas de les faire durer. Sa captive ne bronchait pas, elle semblait avoir décidé de lui refuser le plaisir de l’entendre gémir et elle se retenait, intériorisant la douleur tout en mordant fermement ses lèvres. Mais le vampire savait que les femelles humaines avaient cette tendance à feindre l’indifférence comme technique de séduction. Au lieu de lui gâcher son plaisir, cette entreprise n’avait qu’augmenté son excitation et sa soif.
Quand sa main plongea entre ses cuisses elle n’émit pas le moindre son, fermant les yeux et serrant les dents de toutes ses forces. Les ongles acérés du vampire multipliaient les coupures aux lèvres avant de s’enfoncer plus profondément. Il s’agenouilla et entama un cunnilingus ; le sang avait un arrière-goût de cyprine mais restait potable. D’un coup d’ongle, il lui offrit une excision artisanale qui lui arracha enfin un cri déchirant, comme un condensé de tout ce qu’elle avait retenu jusque-là. Le comte prolongea ses succions jusqu’à ce que le flot de sang fut tari.
Il se redressa et remarqua qu’elle avait les lèvres ensanglantées à force de les avoir mordues si fort et il ne put se retenir de l’embrasser, obligé de saisir fermement sa tête afin de l’empêcher de se débattre. Elle essaya en vain de lui rendre la pareille en le mordant, mais sa tentative fut un échec ; elle réussit cependant à le faire reculer et lâcher temporairement son étreinte. Puis il enfonça ses dents dans son cou, laissant le sang couler doucement dans sa gorge.
Il lui arracha ensuite le téton droit d’un coup de dents et entreprit de s’y abreuvoir. Un psychanalyste aurait probablement vu dans cet acte les manifestations d’une frustration freudienne. Mais il n’était pas humain et ne voyait dans le sein qu’une partie du corps parfaitement vascularisée et facile à prendre en bouche. Puis il passa au second mamelon, il savait que les femmes aimaient que l’on ne néglige aucune zone érogène.
Alors que la jeune fille était au bord du malaise, il lui accorda quelques heures de répit afin qu’elle puisse se reposer. Il voulait que cet instant privilégié dure toute la nuit et il se devait de la ménager. Il revint ensuite avec son couteau qu’il avait pris le temps de nettoyer et d’affûter depuis la veille. Encore une fois il ne négligea pas une seule zone érogène, jouant de la lame comme un chirurgien du bistouri, prenant bien garde de ne jamais lui infliger de blessure mortelle.
L’aube n’était plus très loin quand il sentit qu’elle était sur le point de flancher définitivement. Il planta ses crocs dans son cou et sentit la vie la quitter doucement, accompagnant le sang qui quittait ses veines. Vidée de ses forces elle sembla s’éteindre doucement et paisiblement, ses muscles se relâchant jusqu’à ce qu’elle pende inanimée. Le vampire finit de boire sa veine jusqu’à la dernière goutte prélevable et quand il la lâcha elle vacilla un instant au bout de ses chaînes comme une marionnette au bout de ses fils.
Il se débarrassa des corps en les incinérant dans la grande chaudière se trouvant dans le sous-sol de la bâtisse. Les vêtements suivirent les cadavres ; le vampire ne conserva que les portefeuilles et les téléphones portables. Il n’avait pas lui-même usage de ce type de biens matériels, mais il s’agissait de la commission pour la responsable de l’office du tourisme qui lui envoyait tous ces visiteurs dans sa demeure pittoresque, il les déposerait dans l’entrée où elle pourrait venir collecter sa part du deal.

En regardant les corps calcinés à travers les flammes, il se dit qu’il serait temps qu’il envoie enfin une lettre à toutes ces auteurs à succès qui avaient fait de lui un fantasme d’adolescente pour leur dire à quel point il était fan et comment leurs œuvres avaient changé son existence.

dimanche 16 mars 2014

Le rapport du veilleur [Vinze]



« Monsieur Duclos, nous attendons votre coopération pour comprendre le déroulé des événements d’hier. Nous espérons de vous un rapport détaillé. »
Il y avait eu un cambriolage dans la nuit et Joël était le veilleur de nuit. Bien sûr la police voulait sa version des faits, après tout il était en faute. Mais l’inspecteur ne se doutait pas de ce que ce mot « rapport » rappelait au veilleur.


***


La soirée était calme et Joël surveillait distraitement les caméras de surveillance après son tour de ronde avec le clébard. Pas de match à suivre à la télé, il avait décidé de passer un coup de fil à Julia pour passer le temps ; ses charmes n’étaient pas donnés mais elle le valait bien.
La nuit était tombée depuis longtemps quand Julia arriva dans la zone industrielle et le visiteur nocturne dans son sillage. Joël l’invita, elle, à entrer après avoir pris la peine d’enfermer le chien dans la petite salle de repos attenante à celle de surveillance, ce dernier était jaloux et avait tendance à aboyer en permanence quand il avait de la compagnie, utile pour protéger un entrepôt, moins pour s’envoyer en l’air.


À 22h, la langue de Julia tournait autour de la verge de Joël, le chien autour d’un fauteuil et le cambrioleur autour du périmètre. Les mains de Joël allaient le long du cou pour chercher plus bas les seins de la prostituée, celles de l’intrus le long du grillage pour chercher une faille. Tous deux atteignirent leur objectif.
Moins de dix minutes plus tard, Joël entrait en Julia, le cambrioleur dans le bâtiment et le chien dans une nouvelle crise d’aboiements. Elle gémit, le chien également le temps de reprendre sa respiration entre deux aboiements, mais pas l’alarme que l’inconnu s’était chargé de débrancher.


Le crochet s’immisçait dans la serrure, le doigt du veilleur dans l’anus de Julia. Puis il y eut le déclic, la dernière résistivité avait fini par céder. Après un détour l’arrière-salle venait de s’ouvrir et ils y pénétrèrent. De dépit que ses avertissements soient ignorés le chien s’en alla au fond de la salle dans sa panière, quittant la stature à quatre pattes pour s’allonger alors que la prostituée faisait l’opération inverse.
Le cambrioleur finit par trouver ce qu’il cherchait tandis que Joël s’en approchait et que Julia le feignait. Le chien de son côté ne cherchait plus, préférant céder à la somnolence.
Le veilleur finit par se retirer de la demoiselle et le visiteur de l’entrepôt. Ce dernier se répandit en auto-congratulations et celui qui était censé l’attraper en humeurs visqueuses sur la poitrine de la professionnelle.


Le cambrioleur mit le contact de sa voiture, Julia sa culotte et Joël du temps à sortir son porte-monnaie. Le premier fila sur les chapeaux de roue et la deuxième un bas en pestant. Rhabillée la demoiselle tendit la main, Joël un billet et le chien, sorti de sa somnolence, une oreille. Enfin payée pour ses services elle s’en retourna à ses affaires et le veilleur à sa télé, toujours pas de match au programme mais des gymnastes en tenues moulantes faisaient l’article d’un nouvel engin de musculation au télé-achat.
Il grattait son entrejambe et le chien à la porte, il se décida donc à le libérer. Il s’était dégourdi, c’était au tour de l’animal. Il ouvrit la porte, ils étaient seuls et le chien calmé, il pouvait l’emmener refaire une ronde au cours de laquelle le chien réalisa que l’entrepôt avait été visité et Joël que sa carrière prenait un mauvais tournant.


***


« Monsieur Duclos ? Votre rapport ? »
Ah oui, l’enquêteur attendait une réponse. Mais probablement pas la version complète qui lui avait coûté un gros billet et son emploi.

lundi 17 février 2014

Le rapport du veilleur [Vinze]




Tout le monde attend mon rapport. Le Rapport. Pas celui avec une minuscule que je rends tous les soirs. Non, celui avec une majuscule qui sera mon dernier.
Toute la population de la planète attend le Rapport depuis des générations. Le mien ou celui d’un de mes collègues. Je ne suis pas le seul veilleur de jour. Mais dans mes rêves c’est toujours moi qui rédige le dernier, le Dernier, lui aussi avec une majuscule. Et ensuite je pourrai mourir tranquillement, jeune comme tous les veilleurs qui se sont succédé depuis des générations, depuis que l’homme a mis le pied sur la planète, quittant un berceau mourant pour un nouveau foyer mortel.

Le Nouvel Espoir est arrivée en orbite de la planète il y a plusieurs siècles. À l’époque son nom n’était pas ironique et le vaisseau spatial n’avait pas encore hérité du sobriquet d’Espoir Déçu. Les survivants de l’humanité cherchaient une planète de type tellurique, dans la zone d’habitabilité de son étoile. Ils l’avaient trouvée. Ils espéraient qu’ils pourraient s’installer à sa surface pour vivre... on ne gagne pas à tous les coups.
Le soleil était trop puissant, l’atmosphère trop ténue. Les raisons étaient nombreuses mais la conséquence était unique : les radiations à la surface étaient trop fortes et mortelles en cas d’exposition prolongée. L’installation d’une colonie comme initialement envisagée était donc exclue.
Dans un premier temps l’humanité était retournée à son sommeil cryogénique, ils avaient déjà dormi quelques siècles, ils en ajouteraient quelques-uns supplémentaires. Presque cinq cents ans en tout. Mais les réserves d’énergie du vaisseau resté en orbite n’étaient pas inépuisables, et hommes et femmes durent s’éveiller une seconde fois. C’est de là que vient l’expression de « second éveil » pour les lendemains de fête, désabusé, la tête douloureuse et les jambes lourdes.
L’espoir était revenu. Les scientifiques avaient analysé les relevés que leur dortoir orbital avait enregistrés au cours des siècles passés. Le soleil mourait et tout le monde s’en réjouissait ; en vieillard à l’aube de sa vie, sa vigueur déclinait. Et l’humanité ne mourrait pas. La surface lui était encore inaccessible pour plusieurs siècles, mais ils pouvaient creuser, mettre des dizaines de mètres de terre, de roche et de métal entre leur future cité et l’extérieur inhospitalier. Trogloville naquit au cœur d’une montagne, des débris récupérés de l’Espoir Déçu qui n’était plus d’aucune utilité à ses habitants.

Les scientifiques l’ont prédit : le soleil meurt lentement, le jour où la surface sera viable arrivera et durera quelques millénaires. Mais l’humanité doit se terrer sous des kilomètres de roche en attendant ce jour. Une immense station d’observation a été créée en surface, chargée de surveiller les champs de panneaux solaires alimentant la cité, les forêts transgéniques plantées pour augmenter l’oxygène de l’atmosphère et la couche d’ozone, mais surtout pour tous les capteurs indiquant le niveau d’habitabilité de la surface.
Mais nous n’avions pas le matériel adéquat ni l’expertise pour automatiser la surveillance. Le corps des veilleurs de jour a donc été créé dans ce but : garder la station, régler les appareils et relever les données. Quand les techniciens viennent intervenir sur les installations pour réparer, ils ont des combinaisons anti-radiation. Les précurseurs ont pensé que les veilleurs pourraient en faire de même. Les combinaisons se sont vite révélées un inconvénient insurmontable, handicapant pour le travail, limité en eau et en oxygène et surtout rapidement transformé en étuve ; les tours de surveillance nécessitant plusieurs heures, les malaises étaient monnaie courante. Les combinaisons furent abandonnées avec la santé des veilleurs.
À travailler des heures à la surface, on meurt tôt, souvent après une maladie douloureuse ; et on devient rapidement stérile. Pourtant les volontaires ne manquent pas, il y a même trop de candidats pour ce long suicide. Des psychologues étudient le phénomène et rivalisent de théorie sur le rôle expiatoire du sacrifice. Peut-être ont-ils raison. Ou peut-être sont-ils à côté de la plaque. Peut-être que chacun d’entre nous a une raison différente qui n’a rien de culturelle. Je pense que j’étais juste un peu claustrophobe et je ne regrette pas d’avoir troqué des années de vie contre des journées à l’air libre.

Maintenant nous rêvons tous du Rapport, écrit de notre main. Je doute que ça hantait les pensées des précurseurs il y a quelques siècles, mais maintenant que les aiguilles semblent sur le point de quitter la zone rouge, l’instant semble de plus en plus imminent : tout à l’heure, demain ou dans deux mois. En tout cas les projections scientifiques le prévoient pour l’année, sans autre possibilité de précisions.
En débutant il y a dix ans je ne pensais pas connaître ce moment historique de mon vivant. Le rêver oui, mais pas le penser. Désormais ce rêve est réalité, alors le Rapport est devenu le nouveau rêve de tous les veilleurs : devenir ce héros dont on cite le nom dans tous les manuels d’histoire, à qui on dédie poèmes et odes, à la gloire de qui on érige des statues – pas les statues millénaires de la cité, une statue qui connaîtra l’érosion du vent et les déformations du temps nécessaires à la formation d’une légende.
Je pourrai le vivre. Pas en pleine forme, à une trentaine d’année mon organisme commence à connaître des ratés et je ne verrai sûrement pas mes quarante ans. Les premiers mouraient après seulement cinq années de service et peu étaient ceux à avoir atteint l’âge que j’ai. Les choses vont de mieux en mieux.
J’essuie mon front avec mon mouchoir puis étouffe une quinte de toux dedans et le macule de mucus rougeâtre. Ils pourront écrire ça dans leurs hymnes : « Il a donné sa sueur et son sang à l’humanité ». Il est probable qu’ils écrivent ça à propos d’un autre et que je tombe dans l’oubli mais l’espoir fait vivre, paraît-il.

Pendant que les autres vivent à un rythme artificiel sous des lumières qui le sont tout autant, ma vie est dictée par le soleil, à un rythme naturel sous une lumière qui l’est tout autant. Je vivrai deux fois moins longtemps que la plupart d’entre eux, mais chaque minute me semble plus intense que chacune de leurs heures, quelle que puisse être la douleur physique.
Je suis un veilleur de jour, je ne suis pas un sacrifié, je suis un privilégié. Et un jour si la chance est avec moi je serai Le Veilleur de Jour, celui avec une majuscule, pas l’anonyme avec minuscule que je suis encore.

Il faut que je surmonte cet état permanent de second éveil et survive encore un peu...

lundi 23 décembre 2013

L’attaque des requins-vampires nazis de l’espace [Vinze]

Farniente martien, bikinis & alcool bon marché



À l’approche de Spring Break, les abords de Valles Marineris se remplissaient d’adolescents désirant décompresser de la vie étudiante sur Mars. L’année 2055 ne débutait pas sous les meilleurs hospices pour les futurs diplômés dont l’avenir était assombri par l’incertitude du futur suite à une nouvelle récession, découlant directement du crash financier de 2054 sur Terre.
Ben et Jack étaient bien décidés à profiter de chaque instant et à remporter la chasse au nichon organisée au sein de leur fraternité. Il n’était pas si compliqué pendant Spring Break de profiter de l’occasion de se rincer l’œil et de faire une sauvegarde photographique mémorielle de l’instant. Celui ramenant le plus de clichés gagnait le respect pour toute une année. Il y avait bien sûr une mention spéciale à celui qui réussissait à ramener un cliché de nu intégral, bien plus compliqué à obtenir.
« Bienvenue à tous pour Spring Break 2055 » annonçait un panneau à l’entrée de la cité balnéaire. L’inscription « Vive la fete » avait été ajoutée au marqueur en dessous, visiblement dans l’urgence et d’une main peu assurée.
Le soleil commençait à décliner dans le ciel et les deux amis avaient trois objectifs à atteindre avant qu’il ne disparaisse définitivement : Trouver un endroit où planter leur tente, de l’alcool bon marché et des filles pour partager la soirée, l’alcool et éventuellement la tente.
Rien ne semblait inaccessible dans cette ambiance. Bien que pris d’assaut les campings ne manquaient pas de places et les environs regorgeaient d’épiceries prêtes à vendre de l’alcool à prix modique, en grande quantité, sans être trop regardantes sur l’âge des clients. Finalement les filles étaient là pour s’amuser avant tout, et elles non plus n’étaient pas trop regardantes.
Au couché du soleil, la tente était plantée, les bouteilles étaient achetées et entamées et les filles abordées. Ben et Jack avaient entamé la discussion avec Nancy et Claudia au bord d’un feu de camp en cours de mise en route. Ils n’avaient pas longtemps hésité après avoir vu les deux amies, l’une rousse, l’autre brune, toutes deux belles et élancées. La soirée de printemps martien était douce et les deux filles ne portaient qu’un bikini, les flammes du feu naissant faisant jouer les ombres sur leurs peaux légèrement bronzées.
Ces vacances s’annonçaient épiques, contrairement à la discussion qui s’annonçait emplie de vacuité.

lundi 11 novembre 2013

Partie de chasse dominicale [Vinze]

Le fond de l’air est frais en ce mois d’octobre. Mais peu importe, mon métabolisme ne craint pas les variations de chaleur. Le sang sur mon visage et ma combinaison commence à sécher, souvenir de ma quatrième victime. Elle était bien trop proche de moi pour que je puisse dégainer mon fusil, peu adéquat pour un tir à bout portant. Je l’avais donc attendue, couteau à la main, caché derrière un arbre. D’un simple bond à son passage j’avais réussi à l’immobiliser avant de faire doucement glisser ma lame aiguisée le long de son cou. Il n’avait fallu que quelques instants pour que son sang ne submerge ses poumons et qu’elle ne rende son dernier soupir dans un râle chargé d’hémoglobine.
Je ne chasse que pour le sport, le plaisir de la traque. J’ai bien goûté la chair de l’animal lorsque j’en avais abattu un la première fois ; mais qu’elle soit crue ou cuite, sa viande avait un goût infect, de toute évidence impropre à la consommation. Je me contente donc d’un petit trophée pris sur chaque dépouille, pour garder le décompte de ma partie de chasse. Je pourrais prendre une tête et la faire empailler pour décorer mon antre mais je trouve cette bête particulièrement hideuse et ne désirerais pas voir un tel visage, à quelque heure de la journée. Je me contente d’un petit os, la dernière phalange du cinquième doigt de la main, que je dépiaute avec mon couteau pour en retirer la chair qui ne demande qu’à pourrir une fois séparée du reste du corps. Si la viande est peu goûteuse, je trouve le sang loin d’être désagréable en petite quantité et je lèche à chaque fois celui-ci sur ma lame avant de la ranger dans le fourreau à ma ceinture.
Le coin est sympathique : Les branches dansent au rythme du vent, semant dans une pluie ocre les feuilles qui viennent délicatement former un tapis au sol. Ce dernier amortit chacun de mes pas et me permet d’approcher le gibier sans qu’il ne risque de s’enfuir en entendant mon approche. La musique tout en bruissements de la forêt semble de nature à apaiser la faune locale qui se laisse abattre sans la moindre résistance, comme si cette mélodie endormait leur instinct de survie. La chasse en est presque ennuyeuse, trop facile pour un chasseur expérimenté tel que moi. S’il y a peu de chance que je revienne à nouveau ici, il n’est pas exclu que j’en touche un mot à mon club de chasse, ce terrain ferra un parfait lieu pour entraîner les débutants.

samedi 17 août 2013

Cliqueue [Vinze]

Jean-Claude réintégra son foyer particulièrement guilleret. Le séjour à l’hôpital n’avait pas été particulièrement agréable mais c’était désormais derrière lui, tout comme ses problèmes érectiles. Après tout, un jeune retraité de soixante-quinze ans était en droit de profiter encore quelques années de son corps avec sa sublime épouse de dix ans sa cadette.
Le modèle dernier cri de pompe pénienne venait de lui être greffée, un simple bouton discrètement dissimulé dans la peau des bourses lui permettait d’obtenir une érection de la vigueur d’un adolescent. Et sa femme semblait identiquement ravie de le voir rentrer dans la pleine possession de ses moyens. Quelques minutes après son retour, elle plongeait déjà la main vers ses testicules avec l’entrain d’un enfant un matin de Noël.
(Clic)
Jeannette regarda le sexe de son mari trouver une taille et une forme qu’elle avait presque oubliées depuis le temps qu’elle ne l’avait vu ainsi.
(Clic)
Le sexe retrouva le repos et l’aspect si habituel qu’elle ne pouvait oublier.
(Clic)
Le pénis gonfla mécaniquement, remplissant la main de la retraitée jusqu’à en écarter les doigts et les coins de ses lèvres.
(Clic)
L’engin disparut dans la main de sa femme, jusqu’à ce qu’elle ne sente presque plus le contact sur la peau de ses doigts.
(Clic)
Cette fois-ci elle avait directement placé sa bouche autour du corps flasque pour le sentir gonfler contre sa langue avec délectation. Elle sentit son mari trembler de plaisir sous ses caresses buccales.
(Clic)
Retour à la normale, en un peu plus humide.
Il était temps de mettre un terme à ces amusantes préliminaires et passer aux choses sérieuses ; cela faisait tant de temps qu’elle attendait de goûter à nouveau aux délices de la chair.
(Clic)
Rien ne se produisit...
(Clic)
Toujours rien. Elle espérait que le dysfonctionnement ne serait que temporaire. Déçue elle releva la tête, jetant un œil au corps de son mari recouvert de sueur pour finalement s’arrêter sur son visage figé, les yeux inexpressifs fixés sur le plafond.

Elle eut beau le secouer en tous sens, jamais son pacemaker ne se remit en marche, ni sa pompe pénienne...

dimanche 12 mai 2013

Elvis et la quête de la Liporne [Vinze]


Elvis et la quête de la Liporne

Dédié aux artistes fous de Zone Franche 2013

1 – From Elvis in Memphis

Il était une fois, dans le lointain royaume de Memphis, un chevalier-ménestrel du nom d’Elvis. Désireux de devenir le plus grand chevalier-ménestrel de toute l’histoire des royaumes-unis, il s’en alla chercher conseil auprès du maître des chevaliers-ménestrels de l’école du Roc, maître Chuck :
« Maître, comment devenir le plus grand chevalier-ménestrel de l’histoire ?
— Tu désires donc me dépasser ?
— Oui, maître !
— Alors va donc te faire enculer ! »

Et c’est donc sur ce conseil éclairé de son maître que le jeune Elvis se mit en quête de la Liporne, cet être mythique capable de lui permettre d’accomplir cette mission initiatique. Il enfourcha sa fidèle monture Beebop A’loula et partit au plus fort de l’été, équipé de son épée et de son luth.


14 – Elvis is Back!

C’est rempli d’une grande fierté et d’une profonde douleur qu’Elvis accomplit le trajet du retour jusqu’en son royaume natal.
Et ce n’est pas sans étonnement qu’il ravala sa fierté face à la fraîcheur de l’accueil. Il n’y eut pas de haie d’honneur ni de pucelle ivre de désir pour lui, juste une complète indifférence.
Quand il rapporta son exploit à son maître, ce dernier ne trouva rien d’autre à dire que « Bah dis donc, t’as dû bouffer un sacré de paquet de saucisses pour prendre un aussi gros cul ! Et qu’est-ce que t’as foutu avec tes cheveux ? »

lundi 11 mars 2013

Clic 30 millions d'amis [HMD & The Bagneux's Boys]

Clic
- Meuh !
Clic Clic Clic
- Meuh ! Meuh ! Meuh !
CLIC
- MEEEEEEEUUUUUHHH!
clic
- Meuh !
Cliiiiiiiiiiiiic

- Meuuuuuuuuuh !
Cliclicliclicliclic
- Meuhmeuhmeuhmeuhmeuhmeuh !
Clic
- Meuh !
Clic
PAF !
- Celle-là vous ne l’avez pas volée, Monsieur Demoulin ! Vous pourrez récupérer votre boîte à Meuh à la fin de vos douze heures de colle...

lundi 15 octobre 2012

Session 6 - Day of ze Tentacle


Les folles délibérations de nos votants déglingués pour cette session sur la Folie ont (logiquement?) abouti à un palmarès des plus fous!
 


Le Tentacule d'Or revient à Herr Mad Doktor pour



Le Tentacule d'Argent est décerné à Maniak pour



Et le Tentacule de Bronze va à Vinze pour


Merci aux votants et bravo aux vainqueurs !

dimanche 7 octobre 2012

Clic 5 : Clic ? [Vinze]


Clic 5 : Clic ?

–                   Mate le binz que je viens de trouver !
–                   Mouais, c'est qu'un fatras de détritus.
–                   Et ça, je suis sûr que ce bouton est vachement important...
(Clic)
–                   En tout cas son bruit est casse-couille.
–                   Allez, c'est marrant (Clic) allumé ! (Clic) Éteint !
–                   T'as pas fini tes conneries ?
–                   (Clic) Allumé ? (Clic) Éteint ?
–                   Tu m'écoutes ? Arrête ça tout de suite !
–                   (Clic) Allumé ? (Clic) Éteint ?
–                   Bon il faut que je te pète les phalanges pour te calmer ?
–                   Non mais ça te rend pas fou ça ? Il faut bien que ce bouton serve à quelque chose !
–                   Le seul truc qui me rend fou là c'est toi.
–                   (Clic) Allumé ? (Clic) Éteint ? Il faut bien que quelque chose se passe, merde !
–                   C'est peut-être un bouton activateur de poing dans la gueule va savoir.
–                   À quoi tu sers bordel ? (Clic) Allumé ? (Clic) Éteint ? (Clic ?)

mercredi 22 août 2012

Les aventures de Lapinou, le lapin fou, contre les robots-ninjas [Vinze]


Lapinou se reposait dans son quartier général de Fond-de-Terrier. Il écoutait Bob Marley and the Wailers en alternant carotte et pétard. C'est là qu'il reçut le message d'alerte. Le docteur Méchant avait lancé ses troupes de robots-ninjas sur la forêt magique. Le docteur Méchant n'était peut-être pas vraiment docteur, mais il était vraiment méchant (la frustration de ne pas être un vrai docteur). Et puisque Winnie était trop occupé à draguer en boîte en glissant de la drogue dans les boissons des jeunes gazelles, c'était à Lapinou qu'incombait la tâche de sauver le pays magique des animaux anthropomorphes. Fichtre-zut ! s'exclama-t-il. Qu'il devient ardu de procrastiner en paix ! Son compère la tortue-ninja avait peut-être reçu l'appel de détresse, mais rien n'était moins sûr.
Conscient de sa responsabilité, il ne pouvait ignorer cet appel. S'il ne sauvait pas le Pays Magique, c'était l'imaginaire de millions d'enfants du Pays des Vrais-Gens qui était menacé. Une invasion sentaï en pays fontainien (ou même en région carollienne), c'était inédit et inquiétant. Toute cette violence allaient perturber les vibes de Jah, et ce n'était pas sympathique, Sacré-Caramel !
Armé de son courage et de ses carottes magiques, il s'empressa d'enfiler son costume marqué des lettres LLLF (pour « Lapinou Le Lapin Fou ») et de s'extraire hors de son terrier secret, les oreilles dressées, en alerte. À nous vingt-sept, vils sacripants ! (oui, le docteur Méchant était accompagné de vingt-cinq robots-ninjas ; c'était indiqué dans le message d'alerte).
Bondissant par delà brins d'herbes et pâquerettes, Lapinou ne connaissait pas la fatigue – il avait dormi presque vingt heures la nuit précédente et ses forces étaient à leur paroxysme. Crénom de ballon, ils vont voir de quel chanvre je me chauffe !

dimanche 12 août 2012

Le bout de plastique [Vinze]


Il est là. Je le sais, je l'ai vu tomber.
Ce n'est qu'un petit bout de plastique. Avec un fil de fer au milieu. Ce genre de truc qui sert à maintenir les câbles en place dans leur emballage. Je jouais avec depuis quelques jours. Machinalement, sans vraiment y penser. À le tordre et le détordre. Le façonnant parfois en forme de chevalière à un doigt. Le faisant passer d'une main à l'autre, d'un doigt à l'autre. Comme un TOC, j'ai du mal à garder les mains inactives. Alors quand je ne fais rien de particulier, comme regarder un film, mes mains se saisissent du premier objet à portée pour le manipuler sans but réel. Depuis quelques jours, c'était ce bout de plastique.
Mais hier il est tombé. Je ne suis pas d'une grande dextérité, je fais toujours tout tomber. Ce n'est pas bien grave, ce n'est qu'un petit bout de plastique sans valeur. Et il ne peut pas être bien loin. Il ne le peut pas.
Pourtant je ne le retrouve pas. J'étais assis devant l'ordinateur. Le sol est recouvert d'un tapis. Il ne peut donc pas avoir rebondi bien loin. Pourtant je ne le retrouve pas. Il est noir et le tapis est plein de motif sombre. Rien d'étonnant à ce qu'il ne ressorte pas à la vue. Le sol est en plus jonché de tous les fils de l'ordinateur, les multiprises, les disques durs externes et les câbles réseau. Un sacré bordel dans lequel un bout de plastique peut facilement se perdre.
Ce n'est pas la fin du monde si je ne le retrouve pas. Après tout des bouts de plastique ce n'est pas ce qui manque. Rien que sur mon bureau j'en ai trois ou quatre à portée de main. Tous aussi inutiles et insignifiants que celui égaré. Je ne le cherche que pour apaiser mon esprit, répondre à cette simple question qui me tourmente : où a-t-il bien pu passer pour que je ne le trouve plus ?

mercredi 1 août 2012

Session 5 : Day of the Tentacle


A défaut de remonter le temps pour (uchro)niquer leur grand-mère, les madnautes ont voté pour leurs paradoxes préférés...

Voici donc le moment solennel de la remise des prestigieux tentacules!



Le Tentacule d'Or revient à Herr Mad Doktor pour
Famille Décomposée



Le Tentacule d'Argent est décerné à égalité à Nosfé pour
Pow-Wow  et à  Gallinacé Ardent  pour
Ambre Solis



Et le Tentacule de Bronze va à Vinze pour
Kriket et le sort interdit

Merci aux votants et bravo aux vainqueurs !

vendredi 6 juillet 2012

La boucle est bouclée [Vinze]

« Vous m'avez fait appeler, professeur ?
-         Oui, Henri entre donc.
-         Je ne vous dérange pas ?
-         Bien sûr que non, je ne t'aurais pas fait appeler.
-         Oh... C'est que je vous ai entendu rire depuis le couloir.
-         Ahahaha ! Oui en effet je rigolais ; j'en rigolerais encore si tu n'étais pas là.
-         C'est que c'est plutôt inhabituel, je ne vous avais jamais entendu rire.
-   Ah mais ça mon ami, c'est parce que je n'avais pas compris la blague avant aujourd'hui.
-         La blague ?
-  Oui, une blague du destin. Pour peu que tu crois au destin. En fait, bien qu'agnostique depuis toujours, j'en viens presque à me demander si finalement il n'existe pas une force supérieure. Et si c'est le cas elle est probablement en train de rire à mes dépens. Allez, maintenant que plus rien ne presse, je peux bien prendre le temps de te la raconter ; même si tu en connais déjà probablement les principaux éléments. Mais avant de commencer, je voudrais savoir : si tu devais me décrire en quelques mots, que dirais-tu ?
-         Eh bien, je ne sais pas. Vous êtes le pionnier du voyage temporel. Vous avez été le premier à prouver la possibilité de faire voyager la matière à rebours du temps.
-         C'est ça, c'est ce qui me définit le mieux. En fait, c'est même la seule chose qui me définisse puisque j'ai sacrifié ma carrière et la majorité de ma vie à ces recherches. Pour toi, comme pour le reste du monde, cette histoire a commencé il y a de ça trente ans lors de la présentation du premier prototype. Le ministre de la recherche lui-même a rédigé une lettre devant huissier. Après avoir désintégré la lettre dans mon appareil, le même huissier a alors pu ressortir une lettre identique mais portant un scellé remontant à plus de dix ans en arrière, à la date exacte choisie par le ministre lui-même.
« Bien sûr il y a eu, et il y a toujours, de nombreux sceptiques qui m'accusent de mise en scène, de prestidigitation. Mais je me moque de convaincre la terre entière et ma démonstration a été assez convaincante pour m'assurer des financements pour les trente années qui ont passé depuis ; en ce sens, je peux m'estimer heureux ; contrairement à mes financeurs qui risquent de se sentir flouer ; mais nous y reviendrons. Il y a d'ailleurs eu de nombreuses personnes qui ont défilé pour me mettre à l'épreuve ; il n'y en a guère plus maintenant, mais il n'y a pas si longtemps que ça, la malle qui se trouve là-bas regorgeait de lettres que je ressortais régulièrement, quelques instants après les avoir envoyées.
« Donc pour en revenir à cette histoire : si elle a commencé il y a trente ans pour la majorité des gens, pour moi l'histoire est beaucoup plus ancienne ; elle remonte justement à plus d'une dizaine d'années avant cela. Tu vois cette boîte en haut de l'étagère qui ressemble exactement à ces boîtes aux lettres américaines ? Eh bien un jour, alors que j'étais encore au lycée, je l'ai retrouvée chez moi, dans ma chambre, sur le bureau. Dedans, il y avait une lettre que je m'étais adressée à moi-même, où se trouvait des détails que moi seul connaissait à l'époque – comme une preuve pour m'auto-persuader. Ces preuves étaient accompagnées d'instructions ; dans un premier temps, les instructions concernaient uniquement l'orientation à donner à mes études ; en plus, bien sûr, de l'instruction de conserver et de faire sceller par un huissier toutes les lettres reçues qui ne m'étaient pas destinées.
« Avec le recul, il est facile de dire que j'ai eu raison de suivre les instructions puisque de toute évidence elles étaient authentiques. Mais à l'époque, j'ai eu du mal à y croire, j'ai même envisagé que je perdais complètement l'esprit puisque c'était l'alternative la plus crédible ; bien plus crédible en tout cas que la vérité elle-même. Avec encore plus de recul, je me dis que finalement toutes ces tergiversations n'avaient pas de sens puisque je n'avais pas le choix : si les instructions étaient arrivées c'est que le choix avait déjà été fait, mon destin était scellé.
« Quoi qu'il en soit, je me retrouvais donc à suivre les instructions. Je poursuivis, comme indiqué, mes études en physique jusqu'à mon doctorat tout en construisant patiemment ce premier prototype ; sans comprendre toutes les subtilités de son fonctionnement. Une fois celui-ci terminé il ne me restait plus qu'à me renvoyer les instructions pour le construire dans le passé comme spécifié dans les instructions. Viennent ensuite les épisodes avec le ministre et toutes les personnes successives venues me tester.
« Vint ensuite une période creuse, une période de « vache maigre » comme on dit. Bien sûr l'étude du prototype et de la boîte aux lettres – qui n'en est pas réellement une, bien entendue ; ou pour être plus précis, qui est beaucoup plus que cela – apportèrent beaucoup à la physique, principalement dans la compréhension de la matière en observant la dématérialisation et la rematérialisation des matières inertes et le rôle que tiennent les champs magnétiques qui parcourent à la fois l'émetteur et le récepteur. Mais la branche concernant les voyages temporels, elle, ne progressa pas d'un pouce ; les champs magnétiques empêchant toujours d'envoyer quoi que ce soit de métallique ou d'organique.
-         Même si l'on n'a pas encore percé tous les mystères du voyage dans le temps, je trouve que vous minimisez tout de même l'importance de vos découvertes. Le voyage de la matière dans l'espace est, en soi, une avancée majeure qui pourra faire avancer les communications. Comme toute nouvelle technologie, le coût de production est astronomique mais dans une dizaine d'année peut-être que de tels dispositifs seront construits à la chaîne.
-         Tu as peut-être raison mais je ne vois pas l'intérêt de télé-transporter une lettre quand on peut envoyer un e-mail aussi rapidement ? Bien sûr, on pourra envoyer de petits objets, pour peu qu'ils ne soient ni métalliques, ni organiques. Comme ça votre femme pourra vous envoyer un caleçon propre sur votre lieu de travail alors que vous venez de le souiller... Mais franchement j'ai du mal à y trouver un intérêt autre que théorique.
« Quoi qu'il en soit, le sujet qui nous intéresse toi et moi, jusqu'à preuve du contraire, concerne le voyage temporel. Et là dessus, tu m'accorderas, les avancées furent inexistantes. Reprenons donc notre histoire veux-tu ? Après ce long passage creux, où la seule activité du prototype a été de me renvoyer à moi-même les instructions dans le passé, j'ai finalement reçu de nouvelles instructions. Ce sont donc ces instructions qui ont occupées tout mon temps depuis de nombreuses années. Tout cela pour arriver à ce nouveau prototype, plus grand et différent par de nombreux aspects ; mais cela tu le sais déjà puisque tu m'as aidé à le construire lors de l'année qui vient de s'écouler.
« Et c'est là qu'intervient la chute de cette blague. Car le second prototype est désormais achevé et je sais exactement à quoi il va servir. Le seul rôle de ce second prototype est d'envoyer cette fameuse boîte aux lettres sur le bureau de mes seize ans afin qu'elle puisse accueillir tous les messages expédiés lors de la trentaine d'années qui viennent de s'écouler. Bien sûr, la boîte étant composée en grande partie de métal et elle-même parcourue d'un champs électromagnétique, le second prototype sera détruit par la manœuvre. Il ne me restera donc plus qu'à renvoyer ce dernier manuel d'instructions quand il doit l'être et à exécuter la dernière de celles-ci : détruire le premier prototype.
-         Vous... vous n'allez pas faire ça ?
-         Oh bien sûr que si ! Car apparemment tu n'as pas compris la chute de l'histoire. Il n'y a plus rien à espérer des voyages dans le temps. La boucle est bouclée ! La seule morale à tirer de mon expérience est que l'homme n'est pas fait pour jouer avec l'espace-temps. Après avoir été le dindon de la farce pendant presque quarante ans, je n'hésiterais pas à détruire cette machine pour reprendre le cours de ma vie où le présent ne sera pas dicté par le futur. Ce sera la dernière instruction que je suivrai. »