Kevin
McWright se lavait les mains lorsque la lumière s'éteignit.
Il
ferma les yeux, inspira profondément avant de murmurer :
-
Qui est là ?
Ce
n'était pas un bruit qui l'avait ainsi fait agir, non, c'était cette présence.
Il y avait quelqu'un dans son appartement. Lentement, il retira ses mains de
sous l'eau froide, résultat d'une facture impayée, puis de la gauche, il se
saisit d'une serviette, laissant le robinet s'épancher. Il était conscient de
la nécessité d'un bruit, quel qu'il fût.
Un
pied...
...
devant l'autre.
Silencieusement.
D'une
certaine façon, sa respiration résonnait trop fort, même par rapport aux
ricochets de l'eau sur la porcelaine. Il le savait parfaitement. C'est pour
cela, qu'il ne voulut, tout d'abord, pas passer la porte.
Il
ferma les yeux, une deuxième fois, inspirant rapidement de petites bouffées
d'air, le plus silencieusement possible. Kevin avança la tête.
Sa
chevelure brune émergea dans le salon telle une excroissance des ténèbres de la
salle de bain. Au départ, il n'osa pas regarder devant lui. A cause de cette
sensation, comme une respiration sur la droite de sa nuque.
Il
était baisé.
Et
ça n'avait rien de réjouissant comme idée.
Sa
langue s'insinua entre sa lèvre inférieure et ses dents, s'en allant caresser
ses gencives. Il ouvrit les yeux.
Rien que le
salon et sa blancheur terne, salies par les lumières oranges du Dehors. Même la
clim' s'était tue. Le ventilateur ne tournait plus là-haut. Quelque part, loin
au-delà de la Fenêtre, une voiture passa. Son bruit résonna étrangement dans la
salle.
Kevin
détourna la tête et, bien sûr, il n'y avait rien sur sa droite. Il avisa le
buste africain en bois d'ébène surplombant sa commode avant de faire deux pas à
sa rencontre.
Kevin
s'immobilisa.
Il
avait enfin compris que lorsque que quelqu'un se tient réellement derrière
vous, on ne sent tout d'abord pas sa respiration. Il faut attendre...
Ce
cri, comme une truie que l'on égorge.