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mardi 5 février 2013
dimanche 20 janvier 2013
dimanche 16 décembre 2012
Running in madness [Vieille Harpie]
Au volant de sa 4-L Vincent mange son
énième hot-dog de la matinée. Sa dalle est cosmique, il n'en n'a jamais connu
de semblable. Faut dire que la cuite de la veille était foutrement hystérique.
Il n'arrive pas à se sortir du crâne c'te putain d'vautrage de son pote. Il
glousse devant son hot-dog. « Putain, la tête la première dans la bouse.
Comment il schlinguait. Ils étaient tellement bourrés ces cons qu'ils ont fumé
la bouse - Il se marre - Ils sont bien chtarbes tout de même. » Il ouvre
une bouche immense pour engouffrer la moitié de la saucisse à la moutarde tout
en pensant : « Ah ouais, clair, y'a qu'la saucisse et la bière qui
valent la peine de vivre ». Mais bon, là, faut retourner chez les vieux,
ils vont encore gueuler c'est sûr.
Il redémarre, les New York Dolls à fond
dans la 4-L :
« All about that Personality
Crisis you got it while it was hot
But now frustration and heartache is what you got ».
But now frustration and heartache is what you got ».
Le paysage morne de la Creuse le
déprime. Il s'imagine alors sur la route 66 au volant d'une mustang jaune.
Ouais, un jour il ira aux States avec ses potes. Les States, le pays de la
drogue, du sexe et du rock'n'roll. Ça pue trop la décomposition en Europe. Tout
y est petit, étriqué, asservi, c'est un peuple de vieux. Lui, il veut vivre
vite, se consumer vite et crever dignement, l'aiguille au bras en plein
concert, ou dans sa gerbe, comme les plus grands. Il pense à sa chanson fétiche et la
sélectionne dans le mp3 :
« Je n'ai pas d'avenir,
Je n'ai qu'un destin
Celui de n'être qu'un souvenir
C'est pour demain
Je n'ai rien à croire
Je n'ai pas d'espoir
Je n'ai plus de passion
Je suis en prison » (Les frères misères)
Celui de n'être qu'un souvenir
C'est pour demain
Je n'ai rien à croire
Je n'ai pas d'espoir
Je n'ai plus de passion
Je suis en prison » (Les frères misères)
dimanche 2 décembre 2012
La parole du rhinocéros [Vieille Harpie]
Texte sélectionné pour le recueil "Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques" aux Editions des Artistes Fous.
dimanche 21 octobre 2012
L'ascension des suicidés [Vieille Harpie]
Texte sélectionné pour le recueil "Sales bêtes ! Animaux étranges et délires zoomorphiques" aux Editions des Artistes Fous.
jeudi 18 octobre 2012
Orphée [Vieille Harpie]
Orphée
à Lila
Les
mésanges batifolent et les merles sautillent.
Dans
le jardin public les écureuils s'ébrouent.
Mais
le vieil Orphée admire les cloportes,
Ces
lucifuges gris ardoise en quête de bois mort,
d'anfractuosités,
d'humidité sombre et de caves.
D'un
petit coup de brindille il effraie
l'individu
nécrophage qui se roule en boule.
Les
sept paires de pattes s'agitent et bousculent
les
souvenirs d'Orphée...
1.
À
la proue de sa lyre il a contemplé
les
paysages zénithaux d'un monde révélé
dont
les chants, déguisés en jachère,
se
nouaient à son corps.
Serpents
agiles, serpents libres,
ils
pénétraient sa chair et le transformaient.
Peu
lui importait alors, à l'aube de sa vie,
les
excroissances joyeuses qui le ornaient.
Les
animaux commensaux, instillant le savoir gai,
étaient
sa toge monstrueuse.
Gorgone
il devenait.
Chaque
bouche cinglante,
d'une
voix de brume, arrachait voiles, mâts et cordées
et
les naufrages se multipliaient.
Les
noyés, vaticinateurs orgueilleux et stupides,
dans
les abysses étaient radiolaires :
bal
de prédateurs rassasiés autour de foyers virevoltants.
La
répugnance n'atteignait pas ses pensées,
Réjouissance
était le mot d'ordre, réjouissance
et
absence de pitié :
à
chaque érection des serpents
son
intransigeance transmuait...
Mais
vinrent, au seuil de l'enfance, les visages faméliques
des
condottieri et des furies.
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