Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Humour. Afficher tous les articles

jeudi 8 mars 2012

L'odeur des légendes [Screamy]


Il était une fois, en notre belle île de la Réunion, un nègre marron nommé Anchaing et sa belle compagne Héva qui vivaient dans la peur du chasseur d'esclaves Bronchard.
Ainsi commencent toujours les récits transmis de génération en génération. Tous divergent cependant quant au sort d'Anchaing. A-t-il été tué ? Capturé ? S'est-il enfui en laissant sa famille à la merci du prédateur blanc ? S'est-il changé en oiseau rapace en tentant de sauver Héva de la mort ?
          Un gramoun connaissait un tout autre récit. On l'appelait tous Papa Cello et jamais sa verve n'était aussi inspirée que lorsqu'il avait bu sa bouteille de rhum blanc pour célébrer Noël. Et c'est par une de ces soirées où les étoiles scintillaient avec bienveillance sur nos têtes échauffées par la fête, le rhum et la joie de célébrer la naissance de Notre Seigneur que Papa Cello, nageant dans un costume de Père Noël trop grand et trop chaud, monta maladroitement sur une barrique pour mieux haranguer la foule. 
“Ecoutez ! Ecoutez ! gueula-t-il en dévoilant ses chicots noircis. En cette nuit bénie entre toutes, mi vais vous arconter listwar vré du Neg' Maron Anchaing et ce qui est arrivé por li vré !” 

mardi 10 janvier 2012

Tzatziki et Œuf d'Olympe [Corvis]


TZATZIKI ET ŒUF D’OLYMPE

Le soleil était déjà haut dans le ciel, et bas dans son estime, quand Poséidon se leva de la baignoire en fonte qui lui servait de lit.  Depuis que l’astre était passé de ‘Dieu’ à ‘gigantesque boule de gaz en fusion’, il était aussi passé de collègue à simple emmerdement matinal, et le maître des mers n’éprouvait pour lui aucune sympathie, si ce n’est concernant le séchage de la morue (point sur lequel bien des magazines féminins s’étaient mis d’accord, ajoutait-t-il pour lui même en ricanant).
Il aurait pu placer des volets, voire des stores électriques, mais sans ce réveil naturel il avait trop peur de ronfler des bulles ad libitum au milieu des sels de bain.
C’est que ça a le sommeil lourd un Dieu, et plus persistant qu’un larsen après un concert de louanges (d’ailleurs à ce jeu là, Gros Bouddha les battait tous à plate couture, même les statues qui le représentaient étaient couchées).
Le disque solaire lui était nécessaire, donc, mais ça n’allait pas l’empêcher de râler de bon cœur tous les matins quand un rayon finissait par se jeter sauvagement sur une de ses paupières endormies.
Et ce jour là, c’était dimanche, il ne s’était pas couché aux aurores après une pêche nocturne, mais bien la veille au soir, et il aurait espéré qu’un bon ciel nuageux le laisse roupiller au moins jusqu’à midi.
Las, les rais de lumière dardaient dans sa chambre comme les tétons d’Aphrodite, il était définitivement temps de sortir du bain.
Qui plus est, il avait décidé aujourd’hui de rendre visite à un ami, alors autant se tsunamer le bénitier sans attendre.

jeudi 3 novembre 2011

Monsieur Léonard et le Ca(ca)pitalisme [Herr Mad Doktor]


Il était une fois, au 23ème étage d’un HLM de Province, un inventeur en herbe appelé M. Léonard, dont la dernière et formidable trouvaille promettait de rapporter un maximum de pépettes…  
Ce n’était pas tous les jours que l’on découvrait un moyen de propulsion révolutionnaire! Ecologique par nature, inépuisable, gratuit, son moteur new-age avait tout pour conquérir le monde. Les rois du pétrole dans leurs palais d’Orient n’avaient qu’à bien se tenir : sa Caca-Mobile© était sur le point de casser la baraque ! Certes, quelques menus détails restaient à régler, mais les grandes lignes de son projet étaient toutes tracées...

Le Secret des elfes [Herr Mad Doktor]


            Il était une fois, dans le lointain et méconnu Royaume du Rek’Thüm, un elfe qui faisait caca. Tout du moins, qui essayait… Parce qu’elle était bien gentille, Mère Nature, d’avoir filé à son peuple le don de Communication Universelle, mais franchement, sans vouloir la vexer, ça ne facilitait franchement pas l’intimité.
« Un don, un don, maugréa l’intéressé en bouchant vainement ses oreilles pointues, une saleté de fléau, ouais ! »   
A son corps défendant, l’elfe Sylvain (c’était là son petit nom) comprenait en effet le doux chant des oiseaux, le dur langage des pierres, et même le vert parler des mauvaises herbes. Du matin au soir, leurs voix imbéciles s’infiltraient impudemment dans sa caboche, et vous savez quoi ? Tous autant qu’ils étaient, les enfants de Mère Nature se fendaient la poire : « L’elfe fait popo ! l’elfe fait popo ! », voilà ce qu’ils chantonnaient à tue-tête. Difficile, dans ces conditions, de trouver un coin où déposer tranquillement ses petites affaires…